
“Sur les Ehpad, je pense qu’on a eu un temps de retard inqualifiable. On est passés à côté, tous”, a déploré le président du conseil régional Jean Rottner, lors de son audition devant la commission d’enquête du Sénat sur la crise du coronavirus, qui commence ses travaux en se penchant sur cette région, très durement touchée par l’épidémie.
“Faisons confiance aux président de conseils départementaux sur ces sujets!”, a prôné M. Rottner, estimant aussi que “le président de l’ARS (Agence régionale de Santé) doit être un élu du territoire”.
“On a attendu pendant des semaines la validation de tests sérologiques qui étaient d’ailleurs réalisés chez nous. Ce n’est plus possible, ce n’est pas un pays moderne”, a-t-il également pointé, relevant “beaucoup de lourdeurs” dans la gestion de cette crise.
L’ancien directeur de l’ARS Grand Est, limogé début avril, Christophe Lannelongue, a pour sa part déploré jeudi devant la commission un pilotage “trop uniforme”, qui ne prenait pas assez en compte la situation spécifique du Haut-Rhin, où l’épidémie a flambé dès début mars.
“Nous avons commencé à alerter sur les masques mi-février, le 17. C’est un signalement sur la pénurie à venir qui est resté sans réponse”, a-t-il souligné, tout en reconnaissant que les demandes ponctuelles de matériel, notamment pour l’hôpital de Mulhouse, en première ligne, avaient été satisfaites.
Pour la préfète du Grand Est Josiane Chevalier, “la difficulté est peut-être venue du fait que le pilotage se faisait au sein d’une cellule sanitaire”, avant de passer à une gestion interministérielle.
“Les ARS ne sont pas faites pour ces métiers logistiques. Il ne fallait pas leur confier la gestion des masques”, a noté la représentante de l’Etat, qui a aussi mis en avant des difficultés à travailler avec Santé Publique France.