
“Frontaliers, soyez patients": tel est, en substance, le message adressé par les élus Français et Luxembourgeois qui se sont réunis ce mercredi. Le ministre de la Mobilité et des Travaux publics, François Bausch, et le président de la Région Grand Est, Franck Leroy, ont fait un point d’étape pour les projets visant à améliorer la mobilité transfrontalière entre la France et le Luxembourg.
Un gros chiffre résume l’ambition commune : gérer d’ici 2035 40% de déplacements supplémentaires par rapport à 2017 (le “plan national de mobilité 2035" luxembourgeois), grâce notamment à la mobilité durable (transports publics, vélo, marche à pied, covoiturage... )
Un horizon qui reste hélas fort lointain pour des milliers de travailleurs, pour qui la mobilité transfrontalière rime quotidiennement avec galère. À cela, les élus répondent en égrenant une longue liste de projets, déjà concrétisés pour certains ou qui se concrétiseront à plus ou moins longue échéance pour d’autres...
Un cofinancement franco-luxembourgeois à raison de 50%-50% est prévu pour des projets ferroviaires en France, pour un total (provisoire) de 460 millions d’euros :
1. Augmentation de la capacité électrique,
2. Allongement de quais des gares entre Hettange-Grande et Metz,
3. Centre de maintenance à Montigny-lès-Metz,
4. P&R prévus à Longwy et Thionville (actuellement 3 projets financés par l’accord),
5. Reprise du plan de voies de Thionville,
6. Suppression de passages à niveau entre Thionville et la frontière
7. Optimisation des flux voyageurs en gare de Thionville,
8. Sas Fret : ajout d’une troisième voie côté français avant la frontière franco-luxembourgeoise.
En ce qui concerne les projets au Luxembourg, l’État luxembourgeois finance à 100% des projets permettant d’assurer la bonne arrivée des trains français au Luxembourg :
1. Doublement de la ligne de Luxembourg à Bettembourg, qui est sous le couvert d’une loi de financement d’un montant d’environ 300 millions d’euros,
2. Lois de financement à déposer pour la reconstruction de la gare de Bettembourg et par la suite,
3.Réalisation d’une partie d’un sas fret au niveau de l’entrée côté français du triage de Bettembourg-Dudelange. Ces deux derniers projets n’ont pas encore été chiffrés précisément.
4. Réalisation de la Gare de Howald pour assurer une desserte optimisée des quartiers sud de la ville de Luxembourg,
5. Réaménagement complet du triage de Luxembourg,
6. Réaménagement complet de la gare de Luxembourg permettant d’accueillir les trains supplémentaires, d’optimiser le plan des voies et l’utilisation des quais pour ne pas répercuter le retard d’une ligne sur une autre et permettant ainsi d’augmenter la robustesse de l’horaire actuel et surtout de l’horaire à venir quand 8, voire 9 trains (avec le TGV) de voyageurs circuleront par sens et par heure de pointe entre le Luxembourg et Thionville.

Quant à l’offre de mobilité transfrontalière ferroviaire entre les deux pays, il est prévu à terme de faire circuler jusqu’à 10 trains par heure de pointe et par sens dont 8 TER (avec un cadencement augmenté pour devenir un RER métropolitain : en heure de pointe et par direction il y aura 6 trains entre Metz et Luxembourg-Ville ainsi que 8 trains entre Thionville et Luxembourg-Ville), 1 TGV et 1 train de marchandises.
Des travaux d’allongement des quais de 7 gares (Hettange-Grande, Uckange, Hagondange, Walygator (gare du parc aventure de Maizières-lès-Metz), Maizières-lès-Metz, Woippy et Metz-Nord) à 250 mètres sont actuellement menés pour permettre d’accueillir ces nouvelles rames (16 millions d’euros au total). Une seconde phase de développement permettra de faire circuler 2 TER supplémentaires, après réalisation des aménagements de l‘infrastructure côté français.
Toutes ces mesures permettront ainsi de procéder à une montée en puissance conséquente en multipliant la capacité horaire par 2,5 (13 500 places assises en 2025, puis 22 500 places assises en 2030 par rapport à 9 000 places actuellement).
Le protocole d’accord de Paris prévoit également la mise en place de P+R permettant d’accroître l’offre de stationnement afin de faciliter l’utilisation du transport public sur route et sur rail (trois parkings relais P+R, en travaux ou réalisés, sont concernés: Thionville Metzange, gare de Longwy et gare de Thionville).

Le ministre Bausch a également rappelé le projet de la mise à 2x3 voies de l’autoroute A3, avec un élargissement supplémentaire de la bande d’arrêt d’urgence, dont les travaux ont débuté en 2022 et dont la finalisation est prévue pour 2030. Le projet prévoit une priorisation substantielle du transport public routier et du covoiturage.
Le président de la Région Grand Est, Franck Leroy, a quant à lui, rappelé que la Région allait devenir gestionnaire de l’autoroute A31 (dans la partie non concédée) et souhaite étudier la création d’une voie dédiée aux transports en commun (TC) et au covoiturage en continuité des aménagements réalisés côté luxembourgeois. Les travaux d’élargissement de l’autoroute au nord de Thionville et du contournement de Thionville seront échelonnés entre 2027 et 2035, en fonction des scénarios d’aménagement retenus.