
C’est le nouveau mot à la mode dans le monde du travail. Largement répandu lors du confinement, principalement dans le secteur tertiaire, le télétravail a fait beaucoup d’adeptes. Notamment dans notre région frontalière, où les résidents luxembourgeois ainsi que leurs voisins semblent avoir apprécié de travailler à distance, évitant de ce fait de perdre leur temps sur les autoroutes saturées du Grand-Duché et gagnant en liberté. Les résultats de notre sondage, réalisé en juin, sont flagrants: vous avez été 85% à vous prononcer en faveur du télétravail (sur 575 votes), contre seulement 9% de personnes y étant opposées et 6% d’indécis. Cela tombe bien, car le télétravail est encore permis pour tous les frontaliers salariés au Luxembourg, qu’ils soient français, belges ou allemands, jusqu’au 31 août.

Dès septembre, ces accords exceptionnels entre le Luxembourg et ses voisins tomberont et il s’agira, à nouveau, de se conformer aux accords fiscaux que le Grand Duché a conclu avec la France, la Belgique et l’Allemagne. Pour certains, le retour au bureau à 100% s’annonce rude. Si le parti démocrate (DP) milite pour l’instauration d’un jour de télétravail par semaine en faveur des frontaliers, la France a, par exemple, annoncé qu’elle n’était pas prête à négocier davantage que les 29 jours en vigueur. Un “plafond de verre” au-delà duquel le frontalier français serait imposé... en France. Ainsi, 75% de nos lecteurs ayant participé à notre sondage estiment que ces limites doivent évoluer à la hausse. Parmi le quart restant, 10% se satisfont des accords actuels, 5% soutiennent qu’il faudrait revoir ces chiffres à la baisse et 10% sont indécis.

Les accords actuels ne permettent pas de télétravailler, à peu de chose près, plus d’un jour par quinzaine, voire un jour toutes les trois semaines en ce qui concerne les frontaliers allemands. Très loin, donc, de l’ambition du DP et des aspirations des salariés de la Grande Région qui estiment, selon notre sondage, que le rythme idéal de jours télétravaillés est de deux jours par semaine (41%), voire trois (20%). Ainsi, près de deux tiers de nos lecteurs souhaiteraient deux à trois jours de travail à domicile par semaine. 13% d’entre eux aimeraient même ne plus mettre un pied au bureau de toute la semaine, en restant en télétravail pendant les 5 jours de la semaine, alors que seuls 6% se prononcent en faveur de 4 jours par semaine. Enfin, 5% se prononcent contre le travail à distance.

Si l’on en croit vos réponses, vous êtes déjà deux tiers à pouvoir télétravailler officiellement en étant salarié au Luxembourg, au moins occasionnellement. Une possibilité permise par votre employeur et par la nature de votre métier. A cela s’ajoutent ceux qui peuvent télétravailler “à discrétion”, c’est-à-dire sans se conformer aux accords fiscaux. Enfin, 20% d’entre vous n’ont pas la possibilité de travailler à distance.
