BelgiqueDes cours de luxembourgeois pour les médecins qui veulent travailler au Grand-Duché

Raphaël Ferber
De l'autre côté de la frontière belge, du personnel médical a l'opportunité de suivre des cours de luxembourgeois pour mieux s'intégrer au Grand-Duché. Et ça ne plaît pas à tout le monde...
© Shutterstock/illustration

Comme la Lorraine, la Belgique et notamment les hôpitaux de la province de Luxembourg souffrent d’un manque de personnel soignant. L’attractivité du Grand-Duché est trop forte pour retenir médecins, kinés, pharmaciens et infirmiers, dont le salaire peut progresser d’au moins 50% rien qu’en passant la frontière. Dans ce contexte, les formations de luxembourgeois dispensées sur le sol belge passent plutôt mal. Car depuis quatre ans, le centre IFAPME d’Arlon (l’Institut wallon de Formation en Alternance et des indépendants et Petites et Moyennes Entreprises) a lancé un cours de “luxembourgeois médical” qui cartonne, nous apprend la RTBF.

Ces cours correspondent juste à une forte demande locale. Leur coût est totalement couvert par les frais d’inscription

“Je ne comprends pas qu’on puisse organiser cela en plus ici à Arlon à côté de l’hôpital. Finalement ces formations encouragent les transferts vers le Grand-Duché de Luxembourg avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l’organisation des soins de santé en province de Luxembourg” a répondu Bénédicte Leroy, directrice des soins hospitaliers pour Vivalia qui regroupe tous les hôpitaux de la province, et interrogée par la RTBF.

Selon le média belge, il manque actuellement plus de 120 infirmières dans les hôpitaux d’Arlon et de Libramont et 94 lits sont actuellement fermés faute de personnel. De plus, 125 employés du secteur médical ont quitté la Belgique pour le Luxembourg lors des trois dernières années.

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De son côté, l’IFAPME rejette la réflexion selon laquelle elle encouragerait l’exode du personnel médical belge vers le Luxembourg. Pour la simple et bonne raison que ces cours de luxembourgeois répondent à une demande forte de la part du personnel médical, qui exerce déjà au Grand-Duché et qui souhaite justement réussir son intégration. “Nous ne bénéficions d’aucune subvention pour la formation continue. Ces cours correspondent juste à une forte demande locale. Leur coût est totalement couvert par les frais d’inscription” ajoute Baudouin Stevens, le directeur de l’IFAPME.

Ces formations de 40 heures, suivies en horaires décalées, ne sont donc pas prêtes de disparaître. D’ailleurs, la demande était si forte que l’IFAPME a dû récemment créer un deuxième cours pour une vingtaine de personnes.

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