
L’association “40 millions d’automobilistes” s’est penchée sur un document très instructif: le Projet de Loi des Finances pour 2022. En effet, chaque année le Gouvernement budgétise les recettes issues des amendes générées par les radars.
Pour 2022, le gouvernement espère engranger 714 millions d’euros grâce aux seuls radars automatiques. Des prévisions dénoncées par l’association “40 millions d’automobilistes”, qui s’insurge de l’objectif lucratif de l’État.
Et il ne s’agit là que des recettes des radars automatiques. D’après la cour des comptes, la recette totale de la répression routière était presque de 1,4 milliard d’euros (1,387 milliard précisément) en 2020. Une année pourtant marquée par la crise Covid et des recettes en baisse. En 2017, année record, la recette était de 1,978 milliard d’euros.
Le parc de radars en France est d’environ 4.700 appareils sur tout le territoire. Et l’État promet de déployer un arsenal impressionnant sur nos routes en 2022. Mille radars tourelles, 800 radars fixes, 700 radars discriminants, 500 radars mobiles, 500 radars feux rouges, 400 voitures-radars, 400 radars autonomes, 100 radars urbains et 50 radars de passage à niveau.
Retrouvez ici la carte officielle des radars sur le territoire français.
Dans le Projet de loi de finances, le gouvernement a prévu un budget frôlant les 192 millions d’euros pour entretenir les dispositifs déjà opérationnels et acquérir de nouveaux équipements.

À force de se focaliser principalement sur la chasse aux excès de vitesse (dont 96 % sont inférieurs à 20 km/h), en investissant massivement dans les radars, la politique française de sécurité routière a atteint ses limites.
C’est d’ailleurs ce que souligne la Cour des comptes qui a publié son évaluation de la politique publique de sécurité routière dans laquelle elle suggère de changer de méthode, notamment en décrochant du tout-radar. La mortalité ne baisse plus depuis 2013, alors que le nombre de radars a explosé.
Pour la Cour des comptes, l’approche de la sécurité routière doit revenir aux fondamentaux. À savoir la formation du conducteur, l’amélioration de la sécurité du véhicule et l’entretien des infrastructures.
Autant vous le dire tout de suite, toutes les recettes ne vont pas à la sécurité routière. Seuls 72 % de l’argent récolté lui ont été réellement affectés. L’État s’est d’abord généreusement servi, prélevant 342 millions d’euros pour son désendettement. Et 404 millions d’euros sont reversés aux collectivités territoriales.
Et les Français sont de plus en plus nombreux à estimer que les radars ne sont là que pour rapporter de l’argent.
Une enquête publiée en mars 2021 dévoile le degré d’acceptabilité sociale des radars automatiques. 72,4% des Français pensent que les radars ne sont que des “pompes à fric”. Et plus d’un Français sur deux considère que les radars sont placés à des endroits qui ne sont pas dangereux.
Mais le gouvernement souligne que l’effort financier de l’État en faveur de la sécurité routière (3,7 milliards d’euros par an) est bien supérieur aux recettes des radars.