CattenomComment la centrale évite l'explosion de cas Covid

Maurice Fick
Site "d'importance vitale", la centrale nucléaire a compté "une dizaine de cas Covid" en un an. Avec 1.350 salariés, des milliers d'intervenants extérieurs, des cantines ouvertes et de longues files d'attente... comment EDF gère la crise sanitaire ?
© Maurice FICK / RTL

Une grosse “panne” humaine n’est pas envisageable dans la salle des commandes: “Il faut protéger l’équipe qui pilote les réacteurs nucléaires”. D’autant que “nous avons besoin de trois ans pour former un opérateur”, explique Coralie Dupont, responsable de la communication à la centrale de Cattenom.

Qu’il s’agisse de la sûreté ou de la maintenance des installations, toute une floppée de fonctions sont indispensables pour que la 7e plus puissante centrale nucléaire au monde produise de l’électricité. Notamment pour les hôpitaux surchargés de patients Covid.

Depuis mars 2020, la centrale n’a été le théâtre d’aucun cluster assure la direction. “La situation est sous contrôle depuis un an. Nous avons eu quelques cas mais aucune flambée», assure Yannick Simonet, directeur-adjoint. Récemment, confesse-t-il, “un de nos responsables qui pilote la visite décennale a eu le Covid. Mais ce n’était pas un ingénieur en chef titulaire mais un remplaçant”.

© Maurice FICK / RTL

Cinq ingénieurs en chef sont en charge du titanesque chantier qui doit prolonger de dix ans la durée de vie du réacteur n°3 mais en cas d’absence, “un plan de continuité a été mis en place pour pouvoir les remplacer le cas échéant”, assure le directeur de la centrale, Jérôme Le Saint.

Dans l’enceinte de la centrale nucléaire c’est l’ébullition depuis le week-end dernier. Deux énormes chantiers nécessitent les compétences de près de 3.000 intervenants venant d’autres régions de France et du monde, en plus des 1.350 salariés EDF et 650 sous-traitants qui travaillent habituellement. Le télétravail n’est possible que pour 20% des salariés.

LES RESTAURANTS D’ENTREPRISE SONT TOUS RESTÉS OUVERTS

Autant dire que les “anges gardiens” sont sur les dents. Mise en place en tout début de pandémie, la brigade des “anges gardiens” est formée d’une soixantaine de salariés volontaires qui arpentent le site pour faire de la prévention active, rappeler les gestes barrières, l’importance de porter le masque (il est obligatoire dans toute la centrale en permanence), flécher les sols ou encore faire respecter la distanciation sociale dans les longues files qui se forment devant les portiques de sécurité à l’entrée du site.

Un des défis de taille étant de veiller au respect des gestes barrières à l’heure des repas. Comme la centrale est “un site d’importance vitale pour fournir de l’électricité, tous nos restaurants d’entreprises (cantine, cafétérias, restaurant italien, etc.) sont restés ouverts”, explique Coralie Dupont. Le foodtruck n’a pas fait exception.

Régulièrement des salariés sont déclarés potentiellement porteurs du Covid-19. La règle est alors simple: “Dès qu’il y a un cas Covid positif, on cherche les cas contact et il sont immédiatement renvoyés chez eux pour se soigner”, pose Yannick Simonet.

Après coup, “il s’avère souvent que les cas contacts sont issus de situations de vie privée et non de situations liées au site”, assure Coralie Dupont.

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