
Alors que de plus en plus d’agressions sont signalées, les responsables suppose que les chiffres réels sont plus élevés, car le personnel est encouragé à ne pas signaler les cas moins graves, comme l’indique Sveinn Graas, de l’OGBL. Cela pourrait expliquer pourquoi le nombre d’agressions au TICE, au RGTR et dans le tram est resté stable, voire a légèrement diminué.
Afin d’améliorer la sécurité dans les transports publics, l’OGBL réclame, entre autres, des cabines sécurisées pour les chauffeurs de bus et des critères clairs pour ces cabines, car, selon le syndicat, aucun n’a été satisfaisant jusqu’à présent.
« Des cabines ont effectivement été installées, mais seulement environ 40% des bus du secteur privé en sont équipés, et il faut également noter que la situation stagne depuis deux ans maintenant. De plus, nous avons constaté que toutes les cabines ne sont pas identiques. Certaines cabines permettent d’atteindre facilement le chauffeur, car elles ne sont pas vraiment séparées des passagers. Il est donc toujours possible d’agresser le chauffeur », indique Sveinn Graas.
Les statistiques officielles sont très claires: le nombre d’agressions augmente. En 2023, les AVL (Autobus de la ville de Luxembourg) en ont signalé 35 contre le personnel, alors qu’elles étaient au nombre de 73 en 2024 et 163 l’année passée. Même son de cloche aux CFL (Chemins de fer luxembourgeois): 192 en 2023, 216 en 2024 et 280 l’année passée. Il s’agit principalement d’agressions verbales voire même parfois de harcèlement.
En ce qui concerne les agressions envers les passagers, les chiffres semblent aller dans la même direction: 21 en 2023, 63 un an plus tard et 104 en 2025. Les CFL font le même constat: de 375 passagers agressés en 2023, on est passé à 443 en 2024 et 486 l’année passée.

Herlander Gotinho Neto Costa a été violemment agressé et frappé par trois personnes en 2023 vers 14h00 à la gare de Bettembourg. Chauffeur de bus pour une société privée, il assurait le remplacement d’un train annulé. Il avait repéré les trois individus suite à leur comportement suspect durant sa pause: « j’étais en train d’attendre ici [à Bettembourg] pour faire la ligne en direction de Luxembourg. On voyait, avec un autre collègue de la même entreprise, des jeunes qui s’amusaient à casser des bouteilles de verre. Ils s’amusaient à provoquer les autres gens, même des passants. Après ils se sont dirigés vers nous. »
Lorsque les trois personnes se sont dirigées vers son bus, elles lui ont demandé d’ouvrir la porte afin qu’Herlander leur offre une cigarette, ce qu’il a refusé. « Ils ont commencé à me provoquer. Au moment où...ils ont commencé à s’approcher de moi, je les ai poussés, qu’est-ce qui s’est passé? Après, j’ai senti un coup derrière la tête. Ils m’ont tapé par terre. Et là, ils m’ont tabassé, ils m’ont cassé les lunettes ».
Conclusion: courte hospitalisation et suivi psychologique. Deux mois plus tard, notre témoin est reparti travailler.

Outre les cabines pour les chauffeurs de bus, l’OGBL réclame davantage de personnel de sécurité sur place, à l’instar de celui déjà présent dans les trams, qui peut intervenir si nécessaire. Parallèlement, un meilleur suivi des incidents individuels doit être mis en place, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Une meilleure infrastructure pourrait également servir de mesure préventive: de nombreux cas d’agression se produisent aux terminus, où les chauffeurs de bus doivent prendre leur pause à l’extérieur. L’accès à une salle couverte permettrait d’éviter de tels incidents.