
Il n’y a pas que le dossier Cattenom (en Moselle) qui inquiète Greenpeace Luxembourg. L’ONG a également dans le viseur les réacteurs nucléaires de Doel 4 et Tihange 3, situés en Belgique. Certes, ces réacteurs sont situés bien plus loin des frontières luxembourgeoises que leurs homologues français, mais Greenpeace pointe plusieurs motifs d’inquiétudes.

À commencer par la prolongation de leur durée de vie, contre laquelle Greenpeace “va introduire une opposition formelle.” Se basant sur une analyse technique commandée “auprès de deux expertes indépendantes”, Greenpeace “relève des lacunes dans plusieurs domaines, que ce soit sur la présentation et la procédure, les déchets nucléaires, les alternatives au projet ou les dangers liés aux événements naturels.”
“Les réacteurs Doel 4 et Tihange 3 présentent également des faiblesses en cas de fonctionnement de longue durée. Le concept de sécurité de ces deux réacteurs est par ailleurs obsolète par rapport aux normes et réglementations de sécurité actuelles. Dans l’ensemble, le rapport indique sans détour qu’afin de prolonger la durée d’exploitation des réacteurs, les exigences de sécurité doivent être réduites, ce qui entraîne mécaniquement une augmentation des risques d’incidents.”
“La population et les responsables politiques ont le droit de savoir sur quels points Doel-4 et Tihange-3 ne répondent pas aux normes de sécurité actuelles. De même, les informations sur les mises à niveau techniquement envisageables mais laissées en suspens pour des raisons économiques doivent être diffusées de manière claire et transparente”, estime Roger Spautz de Greenpeace.
L’ONG estime que la survenue d’incidents graves n’est pas assez envisagée, citant le projet flexRISK qui a étudié la possibilité d’une catastrophe majeure pour les deux réacteurs : “les résultats de l’étude montrent que de grandes parties de l’Europe pourraient être contaminées. Un tel accident pourrait même entraîner des évacuations de zones en Belgique et dans les pays voisins” dont le Luxembourg.
Bref, le projet déposé pour prolonger la durée de vie des deux réacteurs “n’est pas complet”, résume Roger Spautz. “Les risques les plus importants ont été omis. Et la consultation intervient alors que le gouvernement belge et l’opérateur Engie négocient toujours les modalités de mise en œuvre de l’extension, et que les normes de sécurité sont mises sous pression” conclut-il.