Grève pour les salairesBarrage filtrant et gros bouchons à Cattenom

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La grève pour une revalorisation salariale continuent de toucher plusieurs centrales nucléaires en France. À Cattenom, les syndicats ont imposé ce jeudi matin un barrage filtrant sur la route de la centrale. Impactant le trafic entre Thionville et Mondorf.
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Ce jeudi matin “dès 6h30, nous avons mis en place un filtrage routier, en retenant les véhicules quelques instant avant de les laisser passer. Nous l’avons fait sur la route de la centrale, mais ça a assez rapidement débordé sur la voie publique”, explique Stéphane Vogel, syndicaliste chez FO Moselle. La voie publique c’est naturellement la D1 entre Thionville et la frontière luxembourgeoise.

La barrage filtrant n’aura duré que deux heures, mais a été à l’origine d’importants bouchons de plusieurs kilomètres dans et aux abords de la commune de Cattenom. De nombreux frontaliers prenant cette route tôt le matin.

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Plusieurs centrales nucléaires connaissaient déjà mercredi des mouvements de grève pour une revalorisation des salaires. Ce jeudi matin, les syndicats de Cattenom (CGT, CFE, FO et UNSA) sont donc passés une nouvelle fois à l’action, sortant les fumigènes pour exprimer leur détermination après une mobilisation qui dure depuis une dizaine de jours sur le site mosellan.

L’objectif de cette action plus voyante à l’extérieur de la centrale étant de “peser sur l’ouverture rapide de négociations avec la direction pour une revalorisation des salaires”, résume Stéphane Vogel. La direction du CNPE “est ouverte au dialogue”, assure sa responsable de la communication.

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Car “pour l’instant, ils nous ont proposé seulement 2,3%, mais nous voulons au moins rattraper la perte de notre pouvoir d’achat lié à l’inflation qui est de 7%. Les salariés demandent deux niveaux de rémunération supplémentaires pour tout le monde”, explique le représentant de FO.

Régulièrement des salariés chargés de la conduite des réacteurs et de la maintenance sont en grèves tout en étant à leur poste pour assurer la sûreté du site. Mais leur actions sont susceptibles de causer des retards dans les travaux préalables au redémarrage des réacteurs 1 et 4. Un mouvement auquel s’est joint ce jeudi la centrale de Gravelines, centrale la plus puissante d’Europe de l’Ouest.

La centrale nucléaire de Cattenom, mais aussi celles de Tricastin (Drôme), Cruas (Ardèche) et Bugey (Ain), sont notamment touchées par ces grèves qui retardent, pour certaines, les tests préalables à leur remise sur le réseau après des opérations de maintenance prévues ou des travaux afin de résoudre des problèmes de corrosion.

Ceci alors que la France connaît une situation très tendue à l’approche de l’hiver, avec une large part du parc nucléaire qui est indisponible.

DES “COUPURES” DANS LES ENTREPRISES

A Gravelines, les employés, en grève à l’appel de FO et de la CGT pour réclamer une augmentation de 5% de leur salaire brut, menacent de retarder le raccordement au réseau d’un des six réacteurs de 900 MW, qui sera arrêté ce week-end pour maintenance annuelle et doit être relancé avant la fin de l’année.

Selon le secrétaire FO du comité social et économique, Franck Redondo, un retard dans le raccordement n’aurait pas de conséquences sur les particuliers, mais entraînerait “des coupures” dans les entreprises.

Les grèves peuvent avoir un impact sur certains travaux de maintenance”, a indiqué EDF à l’AFP, sans être en mesure dans l’immédiat d’évaluer si le calendrier de retour au réseau de ces installations serait affecté par ces mouvements. Le cas échéant, EDF serait tenue de le communiquer.

UN ACCORD POUR LUNDI ?

Au niveau de la branche, après des mois de bras de fer, le patronat des industries électriques et gazières et les syndicats sont parvenus le 6 octobre à un accord soumis à signature jusqu’à lundi, qui prévoit notamment une augmentation de 3,6% du salaire national de base sur 2022 et 2023, dont 2,3% au titre de 2023.

Des avancées “notables mais loin d’atteindre les revendications”, notamment de la FNME-CGT, a indiqué son secrétaire fédéral Fabrice Coudour.

Comme c’est un accord de branche, il y aura des négociations en entreprise derrière”, a-t-il ajouté, précisant ainsi l’objet de ces mouvements de grève.

La CGT demandait notamment le rattrapage de l’inflation et a rappelé, par la voix de M. Coudour, qu’il était au mois d’août autour de 6%.

Il n’y a “pas de tendance qui se dégage pour l’instant” de la consultation de la base par les syndicats CGT des industries électriques et gazières, pour savoir si cet accord sera ratifié par le syndicat, a conclu M. Coudour.

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