
Une nouvelle entrevue est prévue avec le Premier ministre. Là, il faudra passer à l’action, car sinon, “je ne crois pas que les syndicats luxembourgeois, l’OGBL et le LCGB, pourront continuer à participer à un Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE). Et alors c’est tout le modèle social, y compris la paix sociale, qui sera remis en question”, a affirmé Patrick Dury. La confiance et le respect ont disparu, selon lui.
En front syndical avec l’OGBL, le LCGB a répété que le droit exclusif des syndicats à négocier les conventions collectives doit être garanti par écrit par le gouvernement. Sans l’affaiblir. “Les seuls qui restent encore fidèles au modèle social luxembourgeois, qui restent fidèles à la paix sociale, sont les syndicats luxembourgeois.” En voulant imposer son approche, “le gouvernement a en fait dit au revoir à ce modèle”, selon Patrick Dury.
“Avec l’approche du gouvernement”, plus favorable aux employeurs, “nous avons des problèmes tous les jours dans notre travail”, a indiqué le président du LCGB. Cette approche se fait déjà sentir dans les entreprises. “Des choses se font dans les entreprises qui ne sont pas bonnes”, a-t-il souligné.
La libéralisation des horaires d’ouverture dans le commerce et davantage de travail le dimanche... les syndicats y seraient allés, a dit Patrick Dury, “si nous avions pu négocier cela dans le cadre des conventions collectives, c’est-à-dire si les conditions avaient été définies dans une convention collective.” Des horaires d’ouverture plus longs ne sont pas forcément nécessaires, “pas dans cette mesure”, mais “les salariés du secteur voient leur vie bouleversée ... dans un secteur où les salaires sont déjà relativement bas.”
Concernant la réforme des retraites, Patrick Dury a indiqué que les syndicats ont esquissé des pistes pour sécuriser durablement le système de retraite sans dégradation. Mais ici aussi, le gouvernement n’écoute pas. Il voudrait exclure les syndicats de ces discussions. C’est “extrêmement inquiétant.”
Le Luxembourg n’est globalement “plus aussi attractif” en tant que lieu de travail. Et pour la première fois, moins de frontaliers belges et français viennent travailler au Luxembourg. En outre, l’emploi reprend plus lentement. “Si nous dégradons tellement la situation des travailleurs frontaliers que personne ne veut venir travailler au Luxembourg, alors nous aurons fait du bon travail”, estime Patrick Dury, “parce qu’alors nous ne pourrons plus faire tourner notre économie.”
Le front syndical OGBL-LCGB appelle à une grande manifestation nationale le 28 juin.