Jugé pour deux cambriolages"J'étais complètement à côté de la plaque", admet le policier suspendu

Claudia Kollwelter
Un policier de 29 ans a dû répondre mardi devant le tribunal de deux cambriolages survenus en juillet 2022 à Hautcharage.
© Claudia Kollwelter / RTL

L’homme est accusé d’avoir pénétré par effraction dans deux maisons d’une même rue deux jours différents et d’avoir volé, entre autres choses, deux montres, un briquet et un coupe-cigare. L’une des deux habitations était vide. Le propriétaire de la deuxième est rentré chez lui pendant que le cambrioleur était à l’oeuvre. Une bagarre entre les deux hommes s’en est suivie.

Les faits

Le 14 juillet 2022, l’homme, aujourd’hui âgé de 29 ans, a utilisé une pierre et une échelle pour accéder à une maison, dans laquelle personne n’habitait à cette époque, et où il a volé des clés. Un voisin a aperçu la lumière allumée dans le garage et a appelé la police. Sur place, les agents ont trouvé la pierre qui avait servi à briser la fenêtre ainsi que des traces de sang. Mais il n’y avait plus personne dans la maison.

Quelques jours plus tard seulement, le policier a remis ça et cambriolé une autre habitation de la même manière dans le même quartier. Mais cette maison était habitée et le propriétaire est rentré chez lui avec ses deux enfants alors que le cambrioleur était à l’intérieur. En entrant, le père de famille a immédiatement remarqué la fenêtre brisée ainsi que des traces de sang dans l’entrée. Il a alors dit à ses deux enfants de trois et huit ans, d’attendre devant la porte, a expliqué l’homme devant le tribunal.

Lorsque l’auteur a croisé son chemin dans la maison, l’homme n’a pas hésité à le retenir. “Je suis policier! Je suis policier!”, a lancé le cambrioleur, ce à quoi le propriétaire a répondu: “Peu m’importe qui tu es, tu ne pars pas d’ici, mes enfants sont là en bas.” Les deux hommes se sont affrontés, le policier a frappé le père avec un manche à balai au niveau des épaules. Entretemps celui-ci avait appelé la police et il a finalement réussi à maîtriser le cambrioleur jusqu’à l’arrivée des policiers.

Une affaire inhabituelle

Comme l’a expliqué à la Cour un des policiers appelés sur place, il avait été difficile pour lui de savoir qui était l’auteur de l’effraction et qui était la victime. Comme l’agent connaissait l’autre policier, il a supposé au début que ce dernier était la victime. La situation est alors devenue confuse. Les fonctionnaires de police ont immédiatement demandé une explication. L’accusé a tout de suite dit qu’il était policier et il a répété à plusieurs reprises: “Je pensais que la maison était vide” et “J’ai bien foiré”.

L’expertise n’a pas permis d’expliquer vraiment pourquoi il avait cambriolé des maisons à 650 mètres seulement de son domicile. L’accusé a eu un parcours difficile dans sa jeunesse, pendant laquelle il a été suivi en psychiatrie et il a connu des problèmes d’alcool et de drogues. Son problème avec l’alcool a été plusieurs fois évoqué. Le jour des faits, l’accusé avait 1,7 gramme d’alcool dans le sang et il a reconnu avoir bu une demi-bouteille de whisky avant.

L’expert a affirmé devant le tribunal que la profession de policier ne convenait absolument pas à l’accusé. C’est la quête de valorisation et de reconnaissance qui le motivait. Au moment des cambriolages, il n’était embauché dans la police de manière fixe que depuis trois mois et il a été suspendu à cause de ces infractions.

Le parquet a évoqué une affaire inhabituelle. Ce qu’a fait l’accusé est tout à fait contradictoire avec le serment qu’il a prêté en tant que policier. L’argument qu’il pensait que les demeures étaient vides, a également été réfuté. Cela ne change rien, selon le parquet. Il n’est pas compréhensible qu’un policier, dont la profession est en fait d’arrêter ceux qui commettent des cambriolages, commette lui-même de tels faits.

Que dit l’accusé?

“A ce moment-là, j’étais complètement à côté de la plaque”, a tenté le policier suspendu depuis, qui reconnaît les faits. Il s’est excusé auprès de la victime. Il n’est pas fier de ses actes, mais il n’a jamais eu l’intention de faire mal à qui que ce soit, a affirmé l’accusé au juge. Il ne peut plus se souvenir de grand chose non plus.

Le parquet a requis 15 ans de prison, dont une partie ferme. Le verdict est attendu le 12 février.

Mercredi après-midi, l’accusé comparaîtra à nouveau devant le tribunal, cette fois pour une affaire de tirs sur deux camions d’une entreprise de construction.

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