LuxembourgQuel est le risque d’une nouvelle pandémie de grippe aviaire ?

Annick Goerens
Caroline Mart
Le virus H5N1 est considéré par la science comme étant l'un de ceux qui ont le plus gros potentiel pour provoquer une prochaine pandémie. Le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit, explique pourquoi la situation est observée de très près.
© Ulises Ruiz / AFP

Ce n’est pas un nouveau virus. Au cours des vingt dernières années, il y a déjà eu un certain nombre d’infections par le virus H5N1, notamment chez l’homme, explique le docteur Jean-Claude Schmit, directeur de la Santé: “Il s’agit d’un virus qui a désormais changé génétiquement, qui a muté et qui se transmet dès lors plus facilement des oiseaux aux mammifères, auxquels appartiennent également les humains. Cela signifie que l’on estime que le risque d’infection chez l’homme augmente. Et que le virus est donc plus dangereux.”

Ces dernières années, des infections ont été détectées chez des chats et des renards, entre autres. Mais aussi chez des vaches laitières depuis mars 2024. Aux Etats-Unis, la grippe aviaire s’est déjà propagé dans plus de 100 élevages dans au moins 12 États.

On ignore comment la première vache a été infectée. Mais entre-temps, il est devenu clair que les vaches se contaminent entre elles via leur pis, donc via les instruments utilisés pour leur traite. En revanche, on ne sait pas encore précisément comment l’infection se propage d’une exploitation à une autre.

© Didier Weber

“De nouvelles voies de transmission sont possibles. Le virus de la grippe est classiquement un virus respiratoire qui se propage par la respiration. Ici, d’autres moyens semblent éventuellement être en cause. Ce qui signifie bien sûr qu’il faut être plus prudent pour l’avenir et observer la situation de près.”

L’attention portée aujourd’hui à un tel virus est certainement plus grande que par le passé, avant la pandémie, selon Jean-Claude Schmit. Le Grand-Duché est également mieux préparé en matière de diagnostic. Le ministère de la Santé coopère avec le Laboratoire national de Santé afin que les tests nécessaires soient prêts. En termes de prévention, tous les animaux malades sont examinés par l’Inspection vétérinaire. Des grands oiseaux tels que les canards sont régulièrement contrôlés pour voir s’ils sont porteurs du virus. Et par ailleurs, il est évidemment aussi envisagé de produire un vaccin approprié contre la grippe. Un premier vaccin est déjà disponible en cas d’épidémie, explique le Directeur de la Santé.

Tant le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, l’ECDC, que l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS, surveillent la situation et envoient un rapport presque quotidiennement.
Mais comment le Luxembourg est-il préparé au niveau légal? Où en est le projet de loi sur les pandémies?

“C’est une question politique. Nous avons évidemment besoin d’un texte pour réglementer de telles situations. Nous avons besoin d’un texte pour réglementer la santé publique en général, car la pandémie est en fait seulement l’exception par rapport à une situation normale. Et d’après ce que j’ai compris, c’est la voie que prend le gouvernement pour élaborer une loi de santé publique, qui comprendra un volet pandémie.”

Combien de temps cela prendra-t-il pour avoir enfin une loi, après une pandémie de coronavirus de près de trois ans? Nul ne le sait.

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