Etat de la nationPremières réactions des députés au discours du Premier ministre

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Les députés ont dû écouter attentivement. Le Premier ministre ne leur a pas fait distribuer son discours, afin qu'ils l'écoutent avec toute leur attention.
© SIP/ Emmanuel Claude

Les députés sont nombreux à avoir trouvé qu’il n’y avait pas grand-chose de neuf dans ce discours sur l’état de la nation. D’autres s’interrogent sur le financement des mesures annoncées.

La coprésidente du groupe parlementaire LSAP,Taina Bofferding, a tendu l’oreille quand il a été question de la lutte contre la pauvreté, une des priorités déclarées du gouvernement. Mais elle a été déçue:

“La seule réponse pour s’attaquer au problème est ici aussi une simplification des procédures. Il est bon que ces obstacles bureaucratiques soient aussi supprimés ici, mais cela ne suffit pas à résoudre le problème. Qu’en est-il des gens qui vivent dans la rue? Nous avons beaucoup parlé ici à la Chambre des concepts de Housing First, qu’en est-il des augmentations du salaire minimum, qu’en est-il de son exonération d’impôt, c’est ce que nous avons demandé. Et le gouvernement nous a toujours fait de vagues promesses, qu’ils étaient en train d’élaborer un plan d’action national pour la lutte contre la pauvreté, mais le Premier ministre n’en a pas dit un mot.”

Fred Keup, député ADR, a trouvé que le discours de Luc Frieden était celui d’un bureaucrate. Il a laissé passer l’occasion d’aborder directement les problèmes:

“C’est la sécurité. C’est la criminalité. La migration n’a absolument pas été abordée. L’intégration, les langues - dans un pays qui compte autant d’étrangers - je ne peux pas m’imaginer pas un seul mot sur ces sujets dans un état de la nation d’un Premier ministre. Le rôle de la famille. Tout cela n’y est pas.”

Selon Fred Keup, il n’a pas non plus été pleinement réfléchi à la manière dont les mesures, telles que la poursuite de l’indexation du barème des impôts, seront financées.

Pour le président du groupe parlementaire DP, Gilles Baum, il s’agissait d’un bon discours complet du Premier ministre. Il a particulièrement apprécié le plan d’action en 10 points pour le logement, les mesures pour la lutte contre la pauvreté et celles pour accompagner la transition écologique. A propos des critiques de l’opposition sur le fait que de nombreuses mesures étaient déjà prévues par la coalition précédente, Gilles Baum déclare:

“Il y a avec certitude une certaine continuité, car c’est l’un de ces trois partis, qui est encore au gouvernement. Nous ne sommes pas entrés au gouvernement en disant ‘ok, ces dix dernières années n’ont rien donné.’ Non, je le dis très clairement. Ces 10 dernières années ont été de bonnes années. Il y avait de bonnes approches. Pendant ces 10 ans, nous n’avons pas tout terminé. Et c’est pour cela que c’est normal pour moi que nous ayons aussi des choses qui ont été initiées par le LSAP ou les Verts, qui sont en procédure et que nous finissions les choses qui sont bonnes. C’est pour moi un processus tout à fait normal.”

A propos du financement des mesures fiscales annoncées, Gilles Baum a indiqué que le début de l’année avait été meilleur que prévu. Il faudra voir fin juin, où nous en sommes à la fin du premier semestre.

Pour Sam Tanson, la porte-parole des Verts à la Chambre, il ne reste pas grand-chose de neuf une fois la poussière retombée:

Il y a eu avant tout des annonces de réductions de primes qui existent actuellement. Que ce soit en matière de mobilité ou sur les aides financières à la rénovation énergétique des logements ou à la construction de logements durables. Qu’il y aura un nouvel ajustement au barème de l’impôt, pour lequel nous n’avons rien entendu à propos de son financement, qui viendra s’ajouter à d’autres baisses d’impôt déjà annoncées. Et puis il a été beaucoup question de simplification administrative, dont nous ne voyons cependant pas pour l’instant quelle direction elle prendra.” Les Verts estiment que l‘adaptation du barème fiscal à 2,5 tranches indiciaires en janvier 2025 coûtera autour de 300 millions d’euros.

Même son de cloche chez le porte-parole des Pirates, Sven Clement, qui n’a pas non plus entendu beaucoup de nouvelles mesures: “Celles qui nous ont été détaillées, sont plutôt de nature négative. La réduction des primes pour les voitures électriques signifie que ce gouvernement ne croit manifestement pas à la voiture électrique. Ou du moins, c’est ce qu’il veut montrer. Mais la question que je me pose pour tout ce qui nous a été raconté aujourd’hui, c’est comment cela va-t-il être financé ? Nous allons acheter plus, nous allons baisser les impôts, ce que nous approuvons absolument. Et dans le même temps, le CNFP a publié lundi un communiqué, qui dit que le déficit sera cette année pratiquement deux fois plus élevé que prévu.
Dépenser plus avec un déficit plus élevé, Sven Clement ne voit pas comment concilier les deux.

Sans surprise, le président du groupe parlementaire CSV, Marc Spautz, a trouvé le discours de Luc Frieden bon et complet. On a pu voir le travail réalisé dans les ministères ces derniers mois. Il se montre aussi rassurant sur la question budgétaire. Les derniers chiffres sur la situation des finances de l’Etat seront disponibles fin juin.
Et je peux m’imaginer que nous aurons alors déjà des réponses aux questions lancées maintenant et que le ministre des Finances viendra ensuite en temps utile et dira clairement comment se fera le financement.

Marc Baum, élu de déi Lénk, a trouvé qu’il n’avait pas entendu un discours sur l‘état de la nation. “Mais un discours sur la simplification des procédures. De la part d’un CEO, qui parlait comme un chef de chantier d’une entreprise, dans laquelle il fallait modifier diverses procédures administratives afin de changer tous les problèmes de cette entreprise. La lutte contre la pauvreté est juste une question de simplification administrative. Le logement est juste une question de simplification administrative. Bien que toutes les études disent que le problème du logement est lié à la fiscalité, une fiscalité qui favorise la spéculation sur le foncier, qui favorise la rétention du foncier, pas un mot n’a été prononcé là-dessus.
Marc Baum a également critiqué la baisse d’impôt annoncée pour les entreprises et pour divers produits financiers. “Les uns recevront de l’argent à la louche, les autres auront deux formulaires de moins à remplir.

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