
La population palestinienne entrevoit une “lueur d’espoir” après la présentation vendredi d’un plan pour arriver à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Une feuille de route jugée “positive” par le Hamas qui s’est fendu d’un communiqué quelques heures plus tard. S’il s’agit là potentiellement d’une très bonne nouvelle, rien ne s’est encore concrétisé. Et sur le terrain, la situation est “de plus en plus alarmante” insiste le directeur général de Médecins Sans Frontières Luxembourg.
Entre les bombardements incessants, les assauts terrestres et le blocage régulier de l’aide humanitaire, Thomas Kauffmann assure que “la population palestinienne manque de tout”. Il appelle d’ailleurs les Israéliens à respecter les corridors humanitaires et à tout faire pour laisser l’aide passer. “Nos revendications sont restées les mêmes depuis le début du conflit: on exige un cessez-le-feu immédiat”, martèle le directeur de l’antenne luxembourgeoise de MSF.
Jusqu’ici, Thomas Kauffmann affirme que l’aide humanitaire s’est déroulée “selon la volonté des Israéliens”. Il prend l’exemple des 130 camions chargés d’aide humanitaire qui devaient entrer dans la bande de Gaza le 26 mai dernier. D’après lui, ils ont pu passer mais 70 véhicules ont dû rebrousser chemin “suite à des opérations militaires israéliennes”. Il dénonce ce qui semble être, à ses yeux, “une stratégie ciblée”.

l’arrêt des offensives visant cette ville du sud de la bande de Gaza.
-> À lire aussi: “Les civils se font massacrer": MSF Luxembourg demande l’arrêt “immédiat” de l’offensive à Rafah“Il faut convaincre Israël de mettre fin à cette guerre”, déclare Thomas Kauffmann avant d’ajouter “les pays qui laissent faire sont moralement et politiquement complices”. En attendant une réaction de la communauté internationale, la situation s’aggrave pour les civils qui n’ont plus accès aux soins et qui risquent la famine. “On a distribué 4 fois moins d’eau que d’habitude ces dernières semaines”, s’inquiète le directeur de MSF Luxembourg.
Cela parce que les équipes de Médecins Sans Frontières manquent de fioul. “Sans fioul, on ne peut pas dessaler l’eau et on n’a pas d’eau potable”, explique M. Kauffmann. En effet, l’organisation humanitaire n’a pas que des médecins et des infirmières sur place. Elle envoie également des coordinateurs et des administrateurs sur le terrain.
Actuellement, un peu plus de 300 volontaires MSF travaillent dans la bande de Gaza. La majorité d’entre-eux sont des Palestiniens. Une vingtaine de volontaires “internationaux” sont également sur place. “On propose toujours de les évacuer lorsqu’un conflit éclate mais ils ont tous voulu rester”, affirme le directeur général de l’antenne luxembourgeoise de MSF.
Un roulement est prévu “toutes les trois semaines” dans la mesure du possible. “Ce n’est pas toujours possible de se tenir à ces délais dans les zones de guerre”, rappelle M. Kauffmann qui insiste sur le fait qu’on parle “d’un personnel aguerri” qui n’en est pas à son premier déploiement. “Certains travaillent avec nous depuis 20-25 ans”, précise-t-il.
Un travail qui devient malheureusement de moins en moins évident d’après lui. Sur le terrain tout comme au Luxembourg. “Le public a tendance à oublier l’existence de ces conflits, et quand il oublie, il ne fait pas de dons”, explique Thomas Kauffmann. Il rappelle, dans ce contexte, que Médecins Sans Frontières dépend intégralement des dons pour fonctionner.
“99% de notre financement vient de dons privés, nous ne prenons pas d’argent des Etats par souci de neutralité” précise-t-il. Ce sont les particuliers, les entreprises, les fondations et parfois des fonds privés qui permettent à MSF de continuer ses missions. Des missions qui sont actuellement souvent entravées dans la bande de Gaza.