SensibilisationDeux à trois enfants par classe seront victimes d'abus sexuels au Luxembourg

Julie Thilges
adapté pour RTL Infos
Une conférence était organisée mardi au Lycée des Arts et Métiers pour sensibiliser les jeunes aux abus sexuels. Une personne concernée et un représentant des autorités judiciaires ont pris la parole.

Une fille sur quatre et un garçon sur huit seront victimes d’abus sexuels au cours de leur vie, ce qui correspond à deux à trois enfants par classe.

C’est précisément pour attirer l’attention sur cette réalité qu’une conférence était organisée mardi au Lycée des Arts et Métiers. L’objectif : sensibiliser les jeunes dès le plus jeune âge et leur donner les moyens nécessaires pour reconnaître ce type de situations et y réagir.

Un enfant n’a ni la maturité ni le recul nécessaires pour reconnaître qu’il s’agit d’un abus”, a expliqué la Docteure Mary Faltz. C’est pour cette raison qu’il est important de sensibiliser les enfants aussi tôt que possible, dès leur plus jeune âge.

Une histoire marquante

Mary Faltz a raconté sa propre histoire lors de la conférence. Lorsqu’elle était enfant, elle a été victime d’abus de la part de son père pendant 16 ans. Ce n’est qu’après toutes ces années qu’elle a porté les faits à la connaissance des autorités. Enfant, elle n’avait pas compris la situation.

Pour de nombreux élèves, il était impressionnant d’être assis face à une personne ayant vécu une telle expérience et qui partageait son histoire. Les conséquences psychologiques des abus étaient particulièrement nettes.

Les auteurs le plus souvent issus de l’entourage

Un constat important : dans environ 90 % des cas, l’auteur fait partie de l’entourage de la victime. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à échanger les uns avec les autres et de veiller les uns sur les autres. Une attention particulière doit également être accordée aux enfants qui paraissent “trop parfaits” de l’extérieur, car ce sont souvent eux qui dissimulent leurs difficultés.

Le procureur d’État David Lentz a expliqué que les chiffres des abus sur mineurs sont relativement élevés au Luxembourg. Cela montre toutefois aussi que de nombreux cas sont signalés, ce qui constitue une évolution positive.

Les peines encourues par les auteurs peuvent aller, selon les cas, jusqu’à 30 ans de prison. Pour lui, une chose est claire : les conséquences pour les victimes sont souvent beaucoup plus durables.

Un lieu d’accueil important pour les victimes

De nombreuses jeunes victimes ne savent pas vers qui se tourner. Au Luxembourg, il existe trois lieux d’accueil importants pour elles :

- le Centre National pour victimes de la violence (CNVV)
- l’Unité médico-légale UMEDO
- le Service central d’assistance sociale (SCAS)

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