
Augmenter le salaire minimum est une obligation morale, mais aussi économique : tel est le message transmis par déi Lénk jeudi matin lors d’une conférence de presse. Le parti d’opposition regrette que le gouvernement n’ait pas procédé à une augmentation substantielle du salaire minimum et estime que cette décision procède d’une vue à court terme.
Marc Spautz serait le nouveau Georges Mischo, selon la porte‑parole de la Gauche, Carole Thoma. Contrairement à ce que le ministre du Travail CSV avait laissé entendre au moment de son entrée en fonction, il poursuivrait en réalité la politique du gouvernement telle qu’elle était menée auparavant.
“Ils pratiquent un clientélisme en faveur d’un patronat qui se plaint constamment d’un manque de main‑d’œuvre, une main d’oeuvre qu’il n’est pourtant pas disposé à payer.”
Pour déi Lénk, il est inacceptable que des personnes vivent dans la pauvreté alors qu’elles travaillent. Mais le Luxembourg dépend aussi, sur le plan économique, du fait que des personnes viennent y travailler. La question du salaire minimum est donc également une question de compétitivité. L’argumentation selon laquelle les entreprises ne pourraient pas se permettre une hausse conséquente du salaire minimum n’est pas recevable pour le parti de gauche. Les secteurs du bâtiment, du nettoyage, du commerce et de l’horeca, où le salaire minimum est appliqué, ne peuvent pas être délocalisés. On y trouve en outre des chaînes réalisant d’importants bénéfices. Pour faire face aux difficultés des petites entreprises, le député Marc Baum propose d’autres solutions :
“Lorsque l’on écoute les représentants de l’horeca, on constate que l’un de leurs principaux problèmes ces derniers temps concerne les prix des loyers, c’est‑à‑dire les montants que doivent payer ceux qui louent un local commercial. Si l’on veut les aider, il faudrait par exemple plafonner les loyers des locaux commerciaux. Cela aiderait bien davantage l’horeca que de retirer du pouvoir d’achat à leurs clients potentiels en maintenant des salaires trop bas.”
Pour déi Lénk, ce n’est pas non plus une bonne solution de miser sur des aides sociales au lieu d’augmenter le salaire minimum : celles‑ci ne bénéficient pas aux frontaliers et il n’est pas acceptable que de plus en plus de personnes doivent être soutenues par des fonds publics alors qu’elles travaillent.
Le parti a également critiqué le LSAP et déi Gréng : déi Lénk se félicite que les deux autres partis d’opposition demandent désormais eux aussi un salaire minimum plus élevé. Il regrette toutefois que ces deux formations politiques s’y soient opposées lorsqu’elles étaient elles‑mêmes aux responsabilités, en avançant parfois les mêmes arguments que le CSV aujourd’hui.