
Chaque année, environ 3.000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués au Luxembourg. Selon les experts, ce chiffre pourrait augmenter de plus de la moitié au cours des 20 prochaines années. Malgré cela, des évolutions positives sont constatées : la mortalité liée au cancer est en recul depuis plusieurs années.
Cette évolution est due aux progrès de la recherche, qui, grâce à de longues études et à de nouvelles connaissances, permet des traitements de plus en plus ciblés et moins invasifs.
Le Docteur Guy Berchem, engagé dès le début dans le Télévie, souligne que de nombreux nouveaux médicaments ont pu être développés ces dernières années. Au cours des deux dernières décennies, il a toutefois d’abord fallu comprendre comment fonctionne le cancer. Même si “le traitement ultime” n’a pas encore été développé, les malades disposent aujourd’hui d’”une bien meilleure chance”.
Grâce à la recherche, il a été possible de développer des molécules capables de bloquer la croissance du cancer, et la chimiothérapie est devenue plus efficace et moins agressive pour la santé. De grands progrès ont également été réalisés en immunothérapie, car au lieu d’attaquer directement le cancer, on stimule désormais le système immunitaire afin de “le combattre”, explique le médecin.
Les progrès dans les traitements améliorent non seulement les taux de survie, mais aussi la qualité de vie des patients. Cela vaut tout particulièrement pour l’immunothérapie, qui entraîne moins d’effets secondaires que la radiothérapie et la chimiothérapie.
Au lieu de détruire les cellules cancéreuses, et souvent aussi les cellules saines, l’immunothérapie agit en renforçant le système immunitaire, afin qu’il puisse s’attaquer lui‑même au cancer. Elle n’est toutefois pas efficace pour tout le monde, car des cellules immunitaires ne sont pas présentes dans l’environnement immédiat de toutes les tumeurs.
“Certains micro‑environnements tumoraux ne contiennent pas de cellules immunitaires, de sorte qu’ils ne peuvent pas être activés”, explique le Docteur Bassam Janji, chercheur au Luxembourg Institute of Health (LIH) depuis plus de 20 ans. “Notre recherche se concentre sur l’introduction de cellules immunitaires dans le micro‑environnement tumoral, puis sur le renforcement du système immunitaire, afin que ces cellules puissent éliminer le cancer.”
Certains types de cancer sont devenus plus faciles à traiter au fil du temps, comme par exemple le cancer du testicule, le cancer de la thyroïde ou le lymphome de Hodgkin. D’autres, en revanche, ne disposent toujours pas de traitement efficace malgré des années de recherche. C’est le cas du glioblastome, la forme la plus agressive de cancer du cerveau, étudiée depuis plus de dix ans par la Docteure Sabrina Fritah. À travers ses recherches, elle cherche à découvrir comment certaines cellules cancéreuses survivent au traitement, voire y échappent, ainsi que les modifications qui apparaissent dans ces cellules et les mécanismes qu’elles développent.
Une fois ces changements identifiés, les chercheurs pourront développer des stratégies pour les bloquer, afin que les tumeurs réagissent mieux aux traitements. “L’objectif est de développer de nouvelles combinaisons thérapeutiques qui ciblent non seulement la tumeur, mais aussi ces mécanismes de plasticité, afin de rendre les traitements plus efficaces”, explique Sabrina Fritah. Les traitements ne constituent plus une solution universelle ; ils sont de plus en plus personnalisés. “Un traitement pour un patient, à un moment spécifique. C’est dans cette direction que travaillent les chercheurs.”
Aujourd’hui, et encore davantage à l’avenir, les patients et leurs tumeurs sont analysés individuellement, ce qui permet aux médecins de combiner différentes thérapies adaptées à chaque cas.
Selon l’European Cancer Information System (ECIS), le nombre de cas de cancer au Luxembourg devrait augmenter de 57 % entre 2022 et 2040. Une chose est toutefois claire : moins de personnes meurent de la maladie.
Depuis 1998, les décès dus au cancer au Luxembourg ont diminué en moyenne de 2,1 % par an, toutes formes de cancer confondues. La recherche progresse rapidement et l’on s’attend à ce qu’elle avance encore plus vite grâce aux nouvelles technologies, capables de traiter des données et des calculs complexes. Davantage de personnes vivent aujourd’hui plus longtemps après un diagnostic de cancer, et beaucoup d’entre elles sont traitées avec succès, notamment parce que la maladie est détectée plus tôt et que les thérapies se sont considérablement améliorées.
Derrière cette augmentation de l’espérance de vie se cachent toutefois des décennies de recherche. C’est pourquoi les investissements restent essentiels, notamment à travers des initiatives telles que le Télévie, qui demeurent indispensables pour poursuivre les progrès dans la recherche contre le cancer.