
Xavier Bettel était invité par la BBC à réagir sur la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Dans cette interview, le ministre des Affaires étrangères a rappelé le désaccord européen avec l’offensive américaine lancée à la fin de l’hiver.
“Je ne supporterai jamais aucune guerre car elles ne font aucun vainqueur, seulement des perdants parmi les populations civiles, qui paient le prix fort. Il y a toujours quelqu’un pour démarrer une guerre, et c’est la partie “facile”, mais le plus dur, c’est d’y mettre fin.”
À propos de la menace nucléaire que représente l’Iran, le ministre des Affaires étrangères a estimé avec ironie que cela “faisait 20 ans que j’entends “ils l’auront dans deux ou trois mois"". Avant de poursuivre, toujours avec une pointe de scepticisme, é propos des précédentes attaques menées par les États-Unis : “Je me souviens de frappes américaines il y a quelques mois où nous pensions que tout était détruit et qu’il n’y aurait plus jamais de menace nucléaire. Et on voit maintenant qu’il y a toujours une menace nucléaire.”
Interrogé sur la colère de Donald Trump de ne pas être soutenu militairement par ses alliés occidentaux dans cette crise iranienne, Xavier Bettel a rétorqué que l’Europe “n’a pas été interrogée ni consultée” au lancement de l’offensive américaine et israélienne. “C’était une décision unilatérale de leur part, et maintenant qu’il y a des problèmes, ils demandent de l’aide... Nous ne réagirons que lorsqu’une attaque contre un État membre de l’Otan sera menée. Ce n’est pas le cas ici.”
Jamais en manque de répartie, l’ancien Premier ministre a rappelé avec humour que la force de frappe du Luxembourg était bien limitée pour intervenir au détroit d’Ormuz : “Je suis désolé de vous le rappeler mais je n’ai pas de bateau (à vous proposer), pas de flottille au Luxembourg, nous avons un avion et 800 militaires alors ne nous demandez pas de prendre part à ces opérations.” Avant d’enchaîner : “Mais nous avons une bonne musique militaire si vous le souhaitez.”
Xavier Bettel a toutefois assuré que le Luxembourg avait réagi vite au “signal d’alarme” envoyé par le président américain sur la défense européenne. “Nous avons augmenté nos dépenses.”