
Douze ans. C’est le temps que met un mégot de cigarette à se dégrader dans la nature. Pourtant, on peut toujours observer les mégots recouvrir les trottoirs du Luxembourg. Un ras-le-bol général de la part des habitants, lassés de les piétiner dans chaque rue.
“Je suis épuisé de voir des personnes jeter des cigarettes par la fenêtre quand elles peuvent littéralement avoir un cendrier dans leur voiture et le vider quand elles arrivent, proteste un internaute luxembourgeois sur Reddit. Ou fumez avant de prendre la voiture, je ne sais pas. S’il-vous-plaît, arrêtez, c’est déjà mauvais de jeter des déchets dans la nature, mais c’est encore plus mauvais pour les animaux comme les oiseaux.”
En 2019, le ministère de l’Environnement annonçait qu’environ 600 millions des cigarettes fumées au Luxembourg engendraient près de 132 tonnes de mégots. Des chiffres peu rassurants au vu du nombre de fumeurs quotidiens du pays qui s’élève à plus de 120.000.
Une habitude qui s’avère être coûteuse pour la planète, mais aussi pour le gouvernement.
“Tous les lundis matins, je vois un gars qui ramasse les mégots sur le quai de la gare et chaque semaine je me demande comment il peut y en avoir autant. Si les gens pouvaient les jeter là où ils devraient, son boulot serait beaucoup plus simple”, déclare un autre internaute sur le même réseau social.
Le ministère déclare investir environ 1,2 million d’euros par année pour nettoyer le long des routes luxembourgeoises dont “90% de coûts de personnel, 4,8% de coûts de collecte et de transport et 5,2% de coûts d’élimination”.
Renforcée en 2021, l’amende qui était autrefois de 49 euros a presque triplé : jeter sa cigarette par terre coûte désormais 145 euros aux fumeurs. Une sanction qui n’a toujours pas l’air si efficace au vu de l’état des rues du Grand-Duché.
“Au Japon, les fumeurs gardent leurs propres mégots avec eux dans leur poche arrière, allez savoir pourquoi, ici ils ne peuvent pas s’empêcher de les jeter dehors”, déclare un internaute sur Reddit.
Si les Japonais possèdent leurs propres règles morales et habitudes, nos voisins belges, eux, durcissent leurs lois en faisant payer 350 euros aux fumeurs namurois qui transgressent la règle. Du côté de la péninsule ibérique, le Portugal peut faire payer jusqu’à 2.000 euros d’amende cette faute. De quoi remettre en question les sanctions prises au Grand-Duché.

Pour éviter les trottoirs tapissés de mégots ou de transformer nos océans en bureau de tabac, plusieurs solutions s’offrent à nous. Comme ne pas jeter ses mégots par terre semble si difficile, plusieurs actions sont lancées afin de pouvoir à nouveau voir la couleur du sol.
C’est l’exemple de Shime, une société privée luxembourgeoise, qui accompagne les entreprises à mettre en place une stratégie protectrice de l’Environnement. En partenariat avec MéGO, société bretonne de recyclage de mégots, l’organisme donne l’opportunité aux entreprises implantées au Luxembourg, en Belgique et en Moselle de devenir des organisations “zéro mégot”.
En équipant les zones fumeurs de cendriers, sensibilisant les usagers aux dangers des mégots ou encore en collectant les mégots jetés dans l’entreprise, Shime et MéGO permettent de réduire considérablement le nombre de mégots jetés chaque jour. La société affiche un résultat encourageant de plus de 100.000 mégots collectés et 1.000 kg de CO2 évités.
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