La loi de financement pour la modernisation du Domaine thermal à Mondorf, votée en 2018, prévoyait un budget de 133 millions d'euros. Et même si le chantier n’est pas encore vraiment lancé, cette somme ne suffit déjà plus.

Un certain nombre de projets de rénovation au Luxembourg ont pris du retard au cours des trois dernières années, ou leur budget a dû être réajusté car il ne pouvait plus être tenu. C'est le cas du Domaine thermal à Mondorf. La loi de financement votée fin 2018, prévoyait un budget de 133 millions d'euros. Les bâtiments du Domaine appartiennent en effet à l'Etat. Cinq ans plus tard, il est clair qu'il faudra revoir ce budget à la hausse.

Le chantier n'a pas encore véritablement commencé et pourtant c'est un fait: le coût de la modernisation du centre de cure thermale et de bien être, a augmenté de 57 millions d'euros. En cause, l'inflation dans le secteur de la construction. Le coût du travail et surtout le coût des matériaux ont fortement augmenté ces dernières années.

"Nous sommes toujours dans le cadre de la loi. Mais nous avons effectivement enregistré des retards, d'une part parce que le chantier est très complexe. Il est aussi un peu complexe, de notre faute, car nous nous sommes engagés à ne licencier aucun de nos 320 collaborateurs pendant le chantier", explique Paul Hammelmann, le président du conseil d'administration du Domaine Thermal et de Santé Mondorf.

La fermeture totale ou seulement partielle, des thermes n'est pas une option. Elle serait préjudiciable aux patients de la partie clinique ainsi qu'à la situation économique de la région. Ce qui implique que le chantier doit être mis en œuvre par petites étapes.

"Des travaux annexes plus réduits sont actuellement en cours, notamment au niveau de l'électricité. Nous nous préparons déjà pour le moment où nous recevrons l'autorisation de construire", précise Pierre Plumer, le directeur général du Domaine Thermal et de Santé Mondorf.

Le permis de construire n'a pas encore été délivré, bien que la loi d'avril 2020 autorise le lancement des rénovations. Il y a en plus des problèmes juridiques à cause du parking. C'est surtout cela qui retarde le début du chantier. Et dans le secteur de la construction, le temps, c'est de l'argent. Il y a un manque de bonne volonté, selon Paul Hammelmann:

"Le fait est que l'Administration des bâtiments publics veut être le maître d'oeuvre. Il y a un certain temps, sachant qu'il y aurait des problèmes, nous avons rénové l'hôtel sous notre direction. Une bonne partie. L'hôtel est maintenant en ordre à l'intérieur. Mais des travaux doivent encore avoir lieu à l'extérieur. Si nous l’avions fait comme une initiative privée, nous aurions à moitié terminé."

La construction des thermes dans leur version originale remonte à 1847. Le bâtiment actuel, construit à la fin des années 80, montre des signes de vieillissement. Les installations techniques du bâtiment ne sont plus au niveau, selon le directeur général:

"Le plus grand chantier de construction sera définitivement le bâtiment où se trouve la cure, car on ne s'y est vraiment pas attaqué au cours des 40 dernières années. Cela va jusqu'au toit. Ce sont tous des toits plats qui ne sont plus d’actualité et qui nécessitent vraiment d’être complètement remplacés. La piscine thermale pose aussi un gros problème. En apparence, elle est tout à fait en ordre. Mais en-dessous, les fondations sont rouillées par l'eau thermale. Tout cela doit être arraché et refait."

Le bâtiment sera pour ainsi dire évidé. Mais la façade sera conservée. Le style architectural du bâtiment, le brutalisme, doit être préservé et est considéré comme un exemple typique de l'architecture luxembourgeoise des années 80.

Le reportage de RTL en luxembourgeois: