La rédaction de RTL Infos s'est plongée dans les programmes des candidats aux élections législatives. Voici leurs promesses concernant l'index et le pouvoir d'achat.

À la lecture des programmes des principaux partis pour les élections législatives, deux termes reviennent peu: pouvoir d'achat et inflation. C'est pourtant l'une des inquiétudes majeures des Luxembourgeois depuis l'envolée des prix en 2022.

S'ils sont peu mentionnés, c'est qu'ils sont généralement liés à un mot connu de tous: l'index. Celui-là même qui "garantit une adaptation régulière des salaires à la hausse des prix à la consommation et maintient le pouvoir d’achat", comme le résume le LSAP. Tous les bords politiques sont d'accord pour le défendre et garantir le système actuel.

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L'index reste un marqueur fort pour les électeurs. Et ces derniers n'ont pas oublié qu'il a été repoussé une fois entre juillet 2022 et avril 2023, quand l'inflation était assez forte pour en provoquer trois par an. Comme ils n'ont pas oublié que malgré le coup de pouce prévu en 2024 sur le barème fiscal, tout le monde y a perdu ces dernières années avec sa non-indexation entre 2017 et 2023.

La tripartite a bien abouti à la protection de l'index jusque fin 2024, mais la question faisait pourtant partie du conflit de septembre sur la convention collective chez Cargolux.

Le pouvoir d'achat passera par l'index... et le barème fiscal

Au-delà de la non-manipulation de l'index, la question d'adaptation du barème fiscal à l'inflation fait partie du programme de plusieurs partis majeurs (DP, LSAP, CSV, déi gréng) comme des outsiders (Fokus, déi Lénk, ADR...). Ce qui tombe plutôt bien puisque le barème a déjà du retard sur l'index.

Le DP de Xavier Bettel se démarque, par exemple, en annonçant vouloir obtenir un accord avec les partenaires sociaux pour modifier le panier de biens qui permet de calculer l'inflation, donc le déclenchement de l'index, pour "neutraliser les produits qui nuisent à la santé et au climat". Le LSAP fera lui en sorte de taxer davantage les produits nocifs pour la santé, comme l'alcool et le tabac.

La plupart des partis (DP, déi gréng, LSAP, CSV, déi Lénk, Fokus, etc...) proposent également de modifier le barème fiscal, plus ou moins rapidement, afin de réduire l'imposition des revenus les moins élevés.

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Vers un index moins avantageux pour les hauts revenus?

Les pirates, évidemment d'accord pour maintenir le système en place et garantir l'indexation du barème fiscal, dénoncent le fonctionnement de l'index pour les hauts revenus. Selon eux, ces derniers peuvent toucher des centaines d'euros supplémentaires à chaque index quand une personne au salaire social minimum qualifié percevra 75€. "Au-delà d'un certain montant, la hausse des salaires n'est plus liée à l'inflation" font-ils valoir.

Le jeune parti Fokus se démarque en proposant un index à 3% (au lieu de 2,5%) pour les travailleurs et retraités qui perçoivent l'équivalent du salaire social minimum non-qualifié. Index qui serait ensuite dégressif "en fonction du revenu"."Avec notre proposition, environ 93 % des ménages recevraient plus par tranche d'indexation qu'aujourd'hui", a calculé Fokus.

La question du pouvoir d'achat dépasse toutefois largement le cadre de l'index. Les différents partis ont donc également axé sa défense sur des mesures fiscales, comme l'impôt sur le revenu et les aides sociales. Un vaste sujet que nous aborderons sur RTL Infos cette semaine.

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