Dépenses électoralesLes partis font exploser les budgets pour leurs campagnes

RTL Infos
100.000 euros pour de la publicité, un montant fixé dans l'accord entre les participants mais qui n'est pas vraiment respecté par les partis, voire pas du tout.
© Domingos Oliveira

La campagne électorale a débuté le 4 septembre dernier, une date fixée par neuf partis en janvier dans l’accord électoral conclu pour les élections communales et législatives. Cet accord prévoit également que, par campagne, le montant de 100.000 euros ne doit pas être dépassé pour la publicité.

Force est de constater que les partis ne s’en tiennent pas vraiment à leurs promesses, ce qui n’est pas très conséquent. Les expériences des dernières élections législatives de 2018 ainsi que des dernières semaines vont dans ce sens.

Le budget de 100.000 euros, validé par LSAP, DP, déi Gréng, CSV, ADR, déi Lénk, Pirates, Fokus et Volt en début d’année est sensé couvrir les frais de publicité dans les journaux, sur internet, à la radio ainsi qu’à la télé. Les candidats ne doivent pas non plus financer leurs propres campagnes au delà de ce montant.

Il est donc évident que le budget n’est pas respecté, ou que les partis ou les candidats trouvent des alternatives à l’accord qui comporte quelques lacunes. Il a été précisé que, par exemple, ce budget ne couvrait que les coûts de diffusion des annonces ou des spots, mais pas les coûts de production. Deuxièmement, certains partis ont interprété cet accord comme seulement valable pendant la campagne officielle. Les deux exemples les plus flagrants sont Luc Frieden et Michel Wolter du CSV.

La tête de liste du CSV a déjà bénéficié d’une belle campagne publicitaire tout cet été, notamment sur le site web de RTL, donc bien avant le début de la campagne. Quant à Michel Wolter, il a fait produire des vidéos à grands frais afin de les publier sur son propre compte Facebook.

© Screenshot vu Facebook-Post

La tête de liste des Verts, Sam Tanson, a également publié des vidéos de son tour estival sur ses différents réseaux sociaux.

© Screenshot vu Facebook-Post

Le Premier ministre Xavier Bettel invite sur son compte officiel, géré par le ministère d’État, ses 72.000 followers à participer à des réunions électorales du DP. Ces “invitations” sont parfois signées par le principal intéressé, parfois pas.

© Screenshot vu Facebook-Post

Le LSAP diffuse des histoires maison sur YouTube depuis le début de l’été afin de présenter ses députés et de faire passer des messages électoraux.

© Screenshot aus Youtube-Video

Budgets largement dépassés en 2018

Les chiffres de l’année électorale 2018 sont assez clairs également avec un budget maximal de 75.000 euros validé par DP, LSAP, déi Gréng, CSV et ADR pour leurs campagnes respectives. Les coûts des annonces dans la presse écrite, la publicité sur internet ainsi que les spots radio ou télé devaient ainsi être couverts, à l’époque aucune différence n’avait été faite entre production et diffusion.

Même si de nombreuses solutions n’ont pas été utilisées pour promouvoir les différents partis comme des spots publicitaires au cinéma ou des affiches dans les transports et lieux publics, les montants déclarés par les partis sont (très) loin de ceux validés avant la campagne.

En 2018, le CSV comptabilise 704.555 euros en “dépenses électorales”, 211.748 euros pour “annonces et insertions” ainsi que 73.896 euros pour “matériel de publicité, frais régie”. Une somme de 28.080 euros a également été dépensée sous “autres charges relatives à la propagande”. Un total qui dépasse le million d’euros.

Le LSAP a déclaré dans son bilan une somme de 911.868 euros pour ses dépenses électorales en 2018. En ce qui concerne le DP, les mêmes dépenses se chiffrent à 567.113 euros. Chez les Verts, 441.592 euros ont ainsi été dépensés.

Pour l’ADR, la facture se chiffre à 434.491 euros répartis sur plusieurs postes. Les Pirates et déi Lénk ont dépensé 108.972 et 179.732 euros pour leurs campagnes électorales respectives, mais ils avaient à l’époque refusé de signer l’accord de campagne.

Ces accords sont conclus entre les différents partis sur base volontaire, et leur respect n’est contrôlé par aucune instance officielle. Indépendamment de cet accord, la loi sur les élections prévoit deux conditions qui permettent aux partis de se faire rembourser une partie de leurs dépenses électorales par l’État. Ils doivent pouvoir présenter des listes complètes dans toutes les circonscriptions et obtenir au moins un siège au Parlement.

S’ils réussissent, les partis reçoivent une dotation forfaitaire de 50.000 euros. À partir de cinq députés, la dotation est portée à 100.000 euros, un montant qui grimpe à 150.000 euros à partir de 8 députés et à 200.000 euros à partir de 12 députés. Chaque député rapporte en plus 10.000 euros à son parti.

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