Savoir faire uniqueL'art équestre portugais classé au patrimoine mondial

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Une école maintient vivant l'art équestre portugais, classé début décembre au patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco.
L'art équestre portugais classé au patrimoine de l'humanité de l'Unesco
Une école à Lisbonne maintient vivante la tradition de l'art équestre portugais, classé début décembre au patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco.

Montée sur un marche-pied, Catarina Cabaça démêle puis brosse soigneusement la crinière d'un pur-sang lusitanien pour la tresser selon la tradition de l'art équestre portugais, classé début décembre au  patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco et qu'une école à Lisbonne maintient vivante.
       
"Nous les préparons comme à l'époque!", explique cette soigneuse de  chevaux, qui tresse une natte à trois brins, comme cela se pratiquait à la cour  royale portugaise au 18e siècle, avant un spectacle de l'école d'art équestre de  Lisbonne, qui propose un véritable voyage dans le temps. 
       
Des cavaliers, montés sur des selles en peau de chamois ou de tapir, vêtus  de costumes de gala avec manteaux de velours bordeaux, jambières en cuir et  tricorne noir, enchaînent sur fond de musique classique des exercices  chorégraphiés tels qu'ils se déroulaient à la cour royale.
       
"Nous sommes très impressionnés par ce que nous venons de voir", témoigne  Thomas Goszczynsk, un retraité américain de 69 ans, après avoir assisté avec un  groupe d'amis à ce spectacle qui perpétue "les traditions, l'artisanat, les compétences et la culture du passé".
       
Ce savoir-faire unique a amené le comité de l'Unesco, réuni en décembre au  Paraguay, à inscrire l'art équestre portugais sur la liste du patrimoine  culturel immatériel de l'humanité, s'ajoutant à d'autres traditions du pays  ibérique, comme le fado, un chant traditionnel populaire empreint de mélancolie,  reconnu en 2011.

Identité collective

       
La technique portugaise de dressage équestre constitue une "source  d'identité collective" et "se caractérise par la position du cavalier sur la  selle, ainsi que par la tenue traditionnelle et les harnais utilisés", a souligné l'agence onusienne.
       
Aujourd'hui, cet art continue d'être pratiqué au Portugal et à l'étranger  grâce au travail de nombreux éleveurs, artisans et cavaliers au sein  d'académies, de centres hippiques et d'établissements comme l'école portugaise  d'art équestre, créée en 1979 et qui compte actuellement une soixantaine de chevaux et une douzaine de cavaliers.
       
"Nous sommes les gardiens de cet art national", souligne Luis Calaim,  administrateur de Parques Sintra, l'entité publique qui gère l'école équestre. Cette reconnaissance "est une responsabilité" car "nous jouons un rôle  important dans sa préservation et sa divulgation", estime pour sa part Carlos  Tomas, 46 ans, l'un des cavaliers de cette école prestigieuse depuis près de 20 ans.
       
L'art de l'équitation portugaise, qui se distingue aussi par l'harmonie  entre le cavalier et l'animal, est intimement lié au cheval lusitanien, un  pur-sang très ancien originaire du Portugal, qui jouit d'un grand prestige pour  sa puissance, son allure relevée et agile mais aussi sa docilité et son obéissance.

"C'est un cheval unique, différent de toutes les autres races. (...) Je le  vois comme un produit portugais d'excellence, tout comme l'huile d'olive, le vin  ou le liège", commente Joao Pedro Rodrigues, maître-écuyer en chef de l'école équestre de Lisbonne.

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