Daniel Atz, originaire du Nebraska aux États-Unis, a obtenu la nationalité luxembourgeoise en 2014 grâce à sa lien familial avec son arrière-grand-mère, Marguerite Kruchten, née à Esch-sur-Alzette et émigrée aux États-Unis après la Première Guerre mondiale. Depuis, il a aidé près de 3.000 personnes à obtenir la nationalité luxembourgeoise par filiation et a été suivi dans plusieurs reportages par RTL Luxembourg, notamment lors de ses rencontres avec sa famille luxembourgeoise.
“Je me sens encore difficilement Luxembourgeois, notamment parce que je ne parle pas correctement la langue, malgré tous mes efforts et mes cours”, confie Daniel, qui parle aussi couramment anglais, portugais et mandarin. Sa connexion au Grand-Duché s’est renforcée après un reportage de RTL Luxembourg en 2017, qui lui a permis de renouer avec sa famille à Luxembourg, dont sa nièce Annette, décédée en 2023.
Pour lui, le Luxembourg représente un lien fort avec les valeurs et la stabilité, surtout comparé aux États-Unis. “Être Luxembourgeois me donne un sentiment de sécurité et de fierté”, explique-t-il. Il souligne également que la société luxembourgeoise s’occupe encore de l’individu, ce qu’il observe comme une différence importante avec son pays d’origine.
Selon Daniel, les motivations pour demander la nationalité ont changé. Si auparavant les candidats étaient principalement poussés par un lien familial ou sentimental, aujourd’hui beaucoup cherchent à retrouver des valeurs et une stabilité que leur pays d’origine ne leur offre plus. Il constate aussi une hausse des demandes depuis les États-Unis, particulièrement chez les personnes LGBT et celles qui souhaitent offrir un meilleur environnement à leurs enfants.
“Beaucoup viennent moins pour une connexion émotionnelle avec un parent décédé et plus pour des raisons liées aux valeurs et à la qualité de vie”, dit-il. Il met cependant en garde contre les illusions : “S’installer au Luxembourg reste une démarche complexe. Certains vendent tout aux États-Unis en pensant pouvoir s’installer ici facilement, mais ils risquent de se retrouver dans une situation très vulnérable”.
Daniel s’inquiète aussi des conséquences à long terme : près de 50.000 descendants de Luxembourgeois pourraient, selon lui, s’installer à terme dans le pays. Il plaide pour un dialogue ouvert avec les nouveaux Luxembourgeois, afin d’intégrer leurs compétences et leur culture tout en maintenant la cohésion sociale.
Ces enjeux sont également explorés dans le documentaire “Lëtzebuerger an Argentinien”, qui est diffusé ce dimanche soir sur RTL Télé Lëtzebuerg (20h), et qui raconte le parcours de descendants de Luxembourgeois vivant en Amérique du Sud et leur lien avec le Grand-Duché.