Le 30 avril dernier, peu avant 20 heures, le bus 551 bis reliant Foetz à Thionville s’immobilise à Metzange, à quelques kilomètres seulement de son terminus. À bord du véhicule de la société Voyages Vandivinit - Emile Weber, une vingtaine de passagers. Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction de RTL Infos, le conducteur annonce alors devoir effectuer sa pause réglementaire de 45 minutes. Les voyageurs sont invités à descendre du véhicule.
"On a été surpris, le chauffeur nous a dit de sortir du bus. J’étais avec une poussette et le bébé que je garde. On est restés 45 minutes à Metzange alors que ma voiture était garée à Thionville centre", raconte Safia, encore marquée par la scène.
Ce soir-là, les conditions météorologiques étaient clémentes. Mais pour plusieurs usagers, la situation aurait pu rapidement devenir problématique. "La moitié des passagers ont pu appeler des proches pour venir les chercher. Les autres ont dû attendre dehors que le chauffeur termine sa pause", poursuit-elle. "Ce n’est pas prévu qu’un trajet dure trois heures, surtout avec un enfant en bas âge."
Selon différents témoignages concordants, aucune information préalable n’aurait été communiquée aux voyageurs avant l’arrêt du bus. Aucun affichage ni solution alternative immédiate n’auraient non plus été proposés sur place. Certains passagers évoquent des retards importants à l’arrivée, avec des conséquences concrètes sur leur organisation personnelle : une récupération tardive des enfants chez l’assistante maternelle ou un retour au domicile bien après l’horaire habituel.

À bord, plusieurs voyageurs disent avoir interrogé le conducteur sur cette interruption soudaine. Selon leurs récits, celui-ci aurait invoqué les ralentissements de circulation et l’impossibilité de prendre sa pause plus tôt dans le service.
"On était arrêtés pas loin du Kinepolis de Thionville. Pour les passagers, c’est lunaire. On essaye de comprendre, mais aucune solution de continuité n’est proposée", témoigne Safia, une autre usagère de la ligne.
D’après plusieurs passagers, un second bus arrivé ultérieurement aurait lui aussi dû observer un temps d’arrêt similaire. Ce n’est qu’avec l’arrivée d’un troisième véhicule, dont le conducteur avait déjà effectué sa pause réglementaire, que certains voyageurs auraient finalement pu rejoindre Thionville.
"Faire descendre des usagers en rase campagne, à toute heure et par tous les temps, sans solution de repli, pose un problème de sécurité et de responsabilité", estime Safia.
En coulisses, les difficultés seraient liées à l’intensification du trafic sur les axes transfrontaliers. Contactée, la société de transport a livré une réponse officieuse, sans souhaiter s’exprimer officiellement malgré plusieurs sollicitations.
Selon cette version, les conducteurs seraient régulièrement confrontés à des temps de parcours imprévisibles, notamment en cas d’accident ou de saturation sur l’A3 luxembourgeoise. Un chauffeur parti de Foetz à 18 heures peut théoriquement assurer sa rotation complète, mais se retrouver en dépassement du temps de conduite autorisé en raison des embouteillages.
Les chauffeurs sont soumis à une réglementation stricte : après 4 h 30 de conduite, ils doivent obligatoirement observer une pause de 45 minutes. En cas de contrôle, un dépassement expose le conducteur et l’entreprise à des sanctions.
"Souvent, lorsqu’il y a un accident sur l’A3, certains mettent presque deux heures pour avancer. Dans ces conditions, un chauffeur ne peut parfois assurer qu’une ou deux lignes", expliquent des membres de la société.
Interrogée sur cet épisode, l’Administration des transports publics luxembourgeois (ATP) précise ne pas être compétente concernant "l’organisation interne des roulements des exploitants".
Dans sa réponse écrite, l’organisme rappelle toutefois qu’il appartient aux sociétés de transport "d’assurer le respect des temps de pause réglementaires des conducteurs ainsi que de prendre les mesures nécessaires afin de garantir la continuité du service, y compris en situation de perturbation du trafic".
L’ATP indique également que les vérifications effectuées auprès de son poste de commande ne lui permettent pas, à ce stade, de confirmer formellement l’immobilisation du bus durant 45 minutes à Metzange le 30 avril.