Entre 6 et 14 nouveaux réacteursMacron annonce la relance du nucléaire français

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Toujours président, et de plus en plus candidat, Emmanuel Macron a présenté jeudi sa stratégie énergétique pour les décennies à venir, promettant une "renaissance" du nucléaire français, alors que la droite continuait à se déchirer à deux mois de la présidentielle.
Les tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cattenom photographiées depuis le Luxembourg.
Les tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cattenom photographiées depuis le Luxembourg.
© Domingos Oliveira / Archives RTL

Si en 2017, le candidat Macron voulait réduire la part du nucléaire à 50% de la production électrique, cinq ans plus tard, sa position a changé. Ce jeudi, il a promis la construction de 6 à 14 nouveaux réacteurs pour 2050, une évolution pro-nucléaire - à l’opposé de l’Allemagne, principal partenaire de la France - qui a été étrillée par son rival écologiste Yannick Jadot.

Depuis Belfort, dans un discours aux allures de programme de campagne, Emmanuel Macron, qui devrait annoncer sa candidature d’ici la fin du mois, a également promis de développer massivement les énergies renouvelables, notamment avec un plan ambitieux pour l’éolien maritime.

Objectif: “Reprendre en main notre destin énergétique et donc industriel”, a martelé le président presque candidat, favori des sondages avec 25% des intentions de vote au premier tour.

Le président a promis “des financements publics massifs de plusieurs dizaines de milliards d’euros” pour le programme nucléaire et “prendra ses responsabilités pour sécuriser la situation financière d’EDF”, aujourd’hui lourdement endettée.

© AFP

“EDF se réjouit de l’annonce du président de la république qui confirme que le nucléaire au côté de renouvelables, jouera un rôle majeur pour atteindre les objectifs climatiques de la France tout en contribuant à la croissance du pays”, a indiqué l’entreprise.

“Le groupe EDF, avec la filière, est prêt à répondre au défi de la transition énergétique par la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et l’accélération dans les renouvelables”, a assuré l’électricien dans une déclaration.

L’ANNONCE RÉVOLTE LES OPPOSANTS AU NUCLÉAIRE

En déplacement à Montpellier, le candidat écologiste n’a pas manqué de fustiger les orientations pro-nucléaires et “sans débat démocratique” d’Emmanuel Macron, qui est “est en train de condamner la France à un siècle de nucléaire”.

“On a un président de la République qui surinvestit sur le nucléaire, qui est un fiasco”, a accusé Yannick Jadot, en pointant le surcoût de l’EPR de Flamanville. “C’est proprement irresponsable”.

“Qui soutient le nucléaire dans cette campagne électorale ? Toute l’extrême droite. Qui soutient le développement du nucléaire dans le monde ? Les dictateurs de la Chine et de la Russie”, a poursuivi M. Jadot. “Chacun son camp, nous on préfère le camp des démocraties”, a-t-il conclu.

Certains candidats prônent une sortie plus ou moins rapide de l’atome (écologistes ou insoumis) tandis que d’autres (notamment à droite et à l’extrême droite mais aussi au parti communiste) sont favorables à cette énergie tout comme, selon les sondages, une majorité de Français.

Pour le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé dans les sondages (autour de 10%) d’une gauche affaiblie et divisée, “une nouvelle fois, un homme tout seul décide d’engager le pays dans le tout nucléaire pour les 30 prochaines années”.

À l’extrême droite, Eric Zemmour, candidat pro-nucléaire, s’est moqué d’un “revirement électoraliste”d’Emmanuel Macron qui, selon lui, “n’effacera pas sa politique énergétique désastreuse”.

Sa rivale Marine Le Pen a pour sa part critiqué le “cynisme” du président qui vient “parader à Belfort chez Alstom, dont il a organisé le pillage”.

Sur ce sujet, le chef de l’Etat s’est longuement expliqué devant les salariés sur la vente en 2015 à l’américain General Electric de l’usine d’Alstom à Belfort produisant des turbines équipant les centrales nucléaires. Ce site stratégique va retrouver le pavillon français, avec son rachat par EDF officialisé jeudi.

Le déplacement présidentiel intervient aussi en plein mouvement des “convois de la liberté” convergeant vers Paris pour protester contre le pass vaccinal mais qui se veut aussi plus global avec des revendications concernant le pouvoir d’achat et le coût de l’énergie.

Un peu plus de deux ans après la crise des “gilets jaunes”, la mobilisation sera observée avec attention dans le camp présidentiel, même si le préfet de police a interdit le rassemblement annoncé vendredi et samedi dans la capitale.

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