Deux morts mercrediUkrainiens, Russes et Américains se retrouvent à Abou Dhabi pour négocier la paix

RTL Infos avec AFP
Les négociateurs ukrainiens, russes et américains se retrouvent mercredi à Abou Dhabi pour faire avancer de difficiles pourparlers visant à mettre fin à quatre ans de guerre en Ukraine, après de nouvelles frappes massives russes sur des sites énergétiques du pays.
Un immeuble touché par une frappe russe à Kharkiv, en Ukraine, le 3 février 2026
Un immeuble touché par une frappe russe à Kharkiv, en Ukraine, le 3 février 2026
© AFP

Le président américain Donald Trump a dit mardi qu’il voulait que Vladimir Poutine “mette fin à la guerre”, suite à ces frappes qui ont notamment visé Kiev après quelques jours de répit.

Mercredi, deux personnes ont péri dans une frappe de drone russe sur la région ukrainienne de Dnipropetrovsk (centre-est), ont annoncé les autorités locales quelques heures avant le début des discussions. Dans la nuit, des missiles et des drones avaient déjà touché les villes de Kharkiv (nord-est) et d’Odessa (sud).

L’attaque russe de mardi a été massive, impliquant des centaines de drones et missiles. Kiev et plusieurs grandes villes d’Ukraine ont connu de nouvelles coupures de chauffage et de courant alors que la température descend la nuit jusqu’à -20°C.

Chaque frappe russe de ce type confirme que l’attitude de Moscou n’a pas changé: ils continuent de miser sur la guerre et la destruction de l’Ukraine”, a fustigé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Il a assuré que “le travail de l’équipe de négociation (ukrainienne) sera adapté en conséquence”, sans autres détails.

L’agence officielle russe Tass a indiqué mercredi que la délégation russe était arrivée à Abou Dhabi. On ignorait si les délégations américaine et ukrainienne étaient déjà sur place.

Russes, Ukrainiens et Américains se sont déjà retrouvés aux Emirats arabes unis fin janvier pour discuter du plan proposé par Washington pour mettre fin à la guerre.

Déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, elle est devenue le pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, faisant des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.

Le principal point de désaccord est territorial : Moscou réclame notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk. L’Ukraine rejette cette demande mais craint que Washington n’appuie la position russe.

Négociateur russe sous sanction

Ce territoire industriel et minier de l’est de l’Ukraine, revendiqué par Moscou, est l’épicentre des combats et abrite les plus puissantes défenses ukrainiennes face aux assauts russes.

Kiev pousse de son côté pour un arrêt des combats à la ligne de démarcation actuelle et un gel du front.

Le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Boudanov, le 6 janvier 2026 à Paris
Le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Boudanov, le 6 janvier 2026 à Paris
© AFP/Archives

La délégation ukrainienne est emmenée par le chef du Conseil de sécurité national et ancien ministre de la Défense Roustem Oumerov, réputé fin diplomate.

Elle inclut aussi le nouveau chef de l’administration présidentielle Kyrylo Boudanov, ancien chef du renseignement militaire ukrainien.

Le principal négociateur russe est le chef du renseignement militaire Igor Kostioukov, un officier de marine de carrière sous sanctions occidentales.

Lors des précédentes négociations, l’équipe américaine était dirigée par l’émissaire spécial Steve Witkoff et ce devrait de nouveau être le cas.

La Russie occupe près de 20% du territoire ukrainien et a menacé d’atteindre ses objectifs par les armes si la diplomatie échoue.

M. Zelensky a aussi assuré que Kiev serait prête à poursuivre les hostilités.

“Mise en scène”

L’Ukraine traverse cependant cet hiver les pires difficultés énergétiques depuis 2022 : les frappes russes ont dévasté le réseau électrique et l’approvisionnement en chauffage et en eau.

Les secours évacuent une victime après un bombardement russe à Kharkiv, le 3 février 2026
Les secours évacuent une victime après un bombardement russe à Kharkiv, le 3 février 2026
© AFP

Après une courte accalmie grâce à une demande de Donald Trump à son homologue russe Vladimir Poutine, l’armée russe a repris mardi ses frappes massives sur l’Ukraine.

Cette attaque a causé de graves dégâts à des centrales, exposant des centaines de milliers de personnes à un froid glacial, un fait sans précédent depuis le début de la guerre.

Sur le front, les troupes russes ont accéléré leurs avancées courant janvier, s’emparant de près de deux fois plus de territoire que le mois précédent, selon une analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) américain.

Malgré le ballet diplomatique, les Ukrainiens interrogés par l’AFP doutent qu’un accord puisse être conclu avec Moscou.

Je pense que tout cela n’est qu’une mise en scène pour le public”, estime Petro, un habitant de Kiev. “Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur.

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