
“Nous apprécions grandement votre soutien de principe et sans ambiguïté aux actions de la Russie dans le cadre de l’opération militaire spéciale en Ukraine”, a dit M. Lavrov, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, reprenant le terme employé par la Russie pour désigner la guerre lancée en février 2022.
Il a notamment remercié Pyongyang pour sa reconnaissance de l’annexion, revendiquée par Moscou en septembre 2022, de quatre régions ukrainiennes occupées, la Corée du Nord étant le seul pays au monde à l’avoir fait.
M. Lavrov a en outre estimé que sa visite était l’occasion de “définir des mesures pratiques afin de garantir la mise en œuvre complète de chacun des accords” décidés au moment du déplacement en Russie en septembre du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pour un sommet avec le président Vladimir Poutine.
C’est aussi à la préparation d’une visite de M. Poutine en Corée du Nord qu’est consacré le déplacement de deux jours de son ministre des Affaires étrangères, a indiqué un porte-parole du Kremlin à l’agence russe Tass.
Lors de sa visite à bord d’un train blindé en Extrême-orient russe en septembre, le dirigeant nord-coréen avait invité Vladimir Poutine.
Le sommet avait attisé les craintes occidentales que Pyongyang puisse fournir à Moscou des armes pour sa guerre de longue haleine en Ukraine.
Vendredi, les États-Unis ont affirmé que des livraisons étaient déjà en cours.
John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a affirmé que la Corée du Nord avait livré ces dernières semaines “plus de mille conteneurs” de matériel militaire et de munitions à la Russie.
En échange, la Corée du Nord cherche à se procurer des équipements militaires russes et des “technologies sophistiquées”, en particulier des avions, des missiles, des blindés et du matériel servant à la production de missiles balistiques, a-t-il ajouté.
Selon une infographie fournie par la Maison Blanche, un chargement de conteneurs a été expédié par voie maritime de Najin en Corée du Nord à Dunay en Russie, entre le 1er septembre et le 1er octobre.
Ces conteneurs ont ensuite été livrés par train à un dépôt de munitions situé à environ 290 kilomètres (180 miles) de la frontière ukrainienne, selon la même source.
Le Kremlin a objecté qu’il s’agissait d’accusations sans preuves.
Les services de renseignement britanniques et américains “ne présentent jamais de preuve”, a déclaré son porte-parole, Dmitri Peskov, cité par Tass.
Les analystes de Beyond Parallel, cellule du centre de réflexion CSIS de Washington, ont cependant publié la semaine dernière des images satellite montrant ce qu’ils ont qualifié d’augmentation “sans précédent” du trafic ferroviaire entre la Russie et la Corée du Nord.
Ce regain d’activité “indique probablement que la Corée du Nord fournit des armes et des munitions à la Russie”, a indiqué le groupe.
La Russie a affirmé avoir augmenté sa production d’obus cette année pour atteindre l’objectif prévu de 2,5 millions, mais les analystes ont suggéré que cela pourrait ne pas suffire à ses besoins. Les forces russes tirent 60.000 obus par jour, selon les données ukrainiennes.
La Corée du Nord est un très important producteur d’armes conventionnelles et possède des stocks de l’ère soviétique, dont on ne connaît cependant pas l’état.
Lors de son voyage en Russie le mois dernier, le dirigeant nord-coréen Kim a déclaré qu’il ferait des relations entre la Corée du Nord et Moscou sa “priorité numéro un”.
La Russie et la Corée du Nord sont toutes deux soumises à une série de sanctions internationales : Moscou pour son invasion de l’Ukraine et Pyongyang pour ses essais d’armes nucléaires.
Le resserrement de leur alliance coïncide avec des relations au plus bas entre les deux Corées.
Le Nord a mené cette année une série record de tirs de missiles et a récemment inscrit son statut d’État nucléaire dans sa Constitution.
La Corée du Sud a à son tour décidé de renforcer ses accords de sécurité avec son allié traditionnel, les États-Unis, tout en concluant un nouvel accord trilatéral incluant également le Japon.