
Le sommet virtuel, convoqué par le président du Conseil européen Charles Michel, est destiné à définir une “ligne de conduite claire et unifiée qui reflète la complexité de la situation en cours”, alors qu’Israël se prépare à une offensive terrestre dans la bande de Gaza pour “anéantir” le mouvement islamiste palestinien.
En prévision de la réunion, une déclaration commune a été endossée dimanche par les Vingt-Sept, qui “insistent fermement sur le droit d’Israël de se défendre conformément au droit humanitaire et international face (aux) attaques violentes et aveugles” du Hamas, tout en soulignant “l’importance d’assurer la protection de tous les civils à tout moment”.
Les dirigeants doivent aborder notamment les efforts diplomatiques engagés pour éviter une escalade régionale du conflit, mais aussi ses conséquences sur la sécurité des Etats membres et sur de possibles mouvements migratoires.
La question d’un cessez-le-feu pourrait être abordée par certains Etats membres lors de cette visioconférence, à laquelle n’assiste pas le Hongrois Viktor Orban, qui a rencontré mardi le président russe Vladimir Poutine en Chine.
Le sommet informel a lieu à la veille d’une visite du président américain Joe Biden en Israël.
La déclaration des Vingt-Sept, comme leur réunion extraordinaire, sont destinées à “mettre de l’ordre” dans la ligne affichée par l’UE, selon un responsable européen.
Elles font suite à de vives critiques sur le rôle joué dans ce dossier par la Commission européenne, en particulier sa présidente Ursula von der Leyen.
Le message adressé par la responsable allemande lors d’une visite vendredi en Israël a provoqué des grincements de dents au sein des Etats membres et du Parlement européen.
Devant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Mme von der Leyen avait soutenu le droit d’Israël à se défendre, mais sans ajouter que cette réponse devait se faire conformément au droit humanitaire et international.
Quelques jours auparavant, la Commission européenne avait créé la confusion sur l’aide aux Palestiniens, dont l’UE est le principal pourvoyeur.
Le commissaire hongrois Oliver Varhelyi avait annoncé une suspension des paiements, suscitant un tollé dans certaines capitales. Avant que l’exécutif européen ne rectifie le tir, en indiquant qu’un “réexamen urgent” de l’aide au développement était en cours et que l’aide humanitaire n’était pas concernée.
Ursula von der Leyen a ensuite annoncé un triplement de cette aide humanitaire à 75 millions d’euros. Et lundi, depuis Tirana, elle a indiqué que l’UE mettait en place un “couloir aérien humanitaire via l’Egypte”, avec deux vols prévus cette semaine, chargé notamment de médicaments et de kits d’hygiène pour la population de Gaza.
L’aide humanitaire qui afflue reste toutefois bloquée au point de passage de Rafah, contrôlé par l’Egypte.
La réunion de mardi doit permettre de “remettre les choses sur des rails, pour que la conversation se focalise sur la situation, plutôt que sur la façon dont l’UE parle de la situation”, estime un diplomate, tout en reconnaissant un épisode “problématique”.
“L’heure n’est pas aux messages contradictoires. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un leadership moral décisif, centré sur la paix. A chaque minute qui passe, les civils paient un prix plus élevé”, a alerté Vittorio Infante, de l’ONG Oxfam, qui a dû suspendre son travail à Gaza à la suite de l’ordre d’évacuation lancé par Israël.
Dans leur déclaration commune, les Vingt-Sept soulignent l’importance de “fournir d’urgence une aide humanitaire” et se disent “prêts à continuer de soutenir les civils qui en ont le plus besoin à Gaza (...) en veillant à ce que cette assistance ne fasse pas l’objet d’une utilisation abusive par des organisations terroristes”.
Aboutir à cette déclaration commune des Etats membres, qui ont des sensibilités différentes sur le conflit, n’a pas été chose aisée, reconnaît-on de source européenne.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël depuis le début de la guerre, la plupart des civils tués le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas, qui a aussi enlevé 199 personnes, selon Israël.
Les frappes menées par Israël en représailles ont tué quelque 3.000 personnes, en majorité des civils, dont des centaines d’enfants, selon les autorités locales.