AventureUn Luxembourgeois part en moto au Bénin pour aider des enfants

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Persuadé par deux amis, Max Wax, un résident d’Oetrange, est en route pour le Bénin où il se rendra au chevet d’enfants malades.
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"Solitaire et solidaire", c’est la devise de Max Wax. Le sexagénaire d’Oetrange a l’habitude d’opérer seul dans ses raids à travers l’Afrique. Cette fois, c’est en compagnie de Ludovic et Carlos qu’il a enfourché sa moto pour rejoindre le Bénin à 10.000 km d’ici. "Mon grand-père roulait déjà à moto dans les années 40 puis mon père a participé au Bol d’Or et à la course de l’île de Man. J’ai donc été contaminé et mes enfants ont déjà repris l’héritage."

Le projet s’appelle "Un cœur pour l’Afrique". Il vient en aide à des enfants souffrant de pathologies cardiaques. L’objectif est de les ramener en France pour les opérer et ça coûte 12.000 euros par enfant.

Max Wax est un père de famille français installé depuis 30 ans au Luxembourg. Directeur commercial chez Roche Bobois, il continue à travailler pour la firme française mais de manière indépendante. Ce qui lui permet d’assouvir son autre passion, l’humanitaire. "Mais pas pour les grandes associations où 80% des fonds récoltés partaient dans les frais de fonctionnement. Moi, chaque euro que je récolte est réinvesti. J’ai mis un peu de temps à me faire connaître, mais un climat de confiance est né afin de lever des fonds et de convaincre des partenaires."

Au point que Max multiplie les expériences. D’abord en Asie où il se rend sur la décharge de Pnhom Penh et à l’orphelinat Saint Paul de Huê au Vietnam puis en Afrique où il se dévoue corps et âme pour l’association Ayadi Alkhayr à Gourrama au Maroc. "Je leur déposerai en passant du matériel scolaire. Avec un euro, je fais trois heureux avec trois cahiers et un stylo." Ce ne sera qu'une étape dans un périple qui va durer deux mois. Car le terminus, c’est le Bénin.

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ELLE S'APPELLE VEGA

Le périple ne s’annonce pas de tout repos. C’est pour ça que Ludovic et Carlos ont fait appel à Max, qui commence à connaître le continent africain et ses codes. "Il y a plusieurs écueils. Le premier est de se frayer un chemin dans un décor parfois hostile. Je pense au massif montagneux du Fouta-Djalon en Guinée ou simplement à la traversée du Sahara ou l’harmattan peut souffler très fort. Le sable et la poussière s’incrustent alors partout. Ensuite, il faut être épargné par les problèmes mécaniques."

La géopolitique est une autre paire de manches. Les dernières nouvelles n’étaient d’ailleurs pas les meilleures avec la fermeture de la frontière terrestre entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Le Mali reste une alternative mais la fin de l’Opération Barkhane n’a pas aidé à sécuriser le pays. Il faudra donc peut-être improviser. Habitué aux cartes et à la boussole, Max vit contraint et forcé avec son temps et s’est muni d’un GPS mais la technologie de plus en plus présente dans les motos ne fait pas son bonheur.

"J’ai d’ailleurs changé de marque. Je roule désormais sur une Yamaha Tenere 700. J’en prends soin comme si c’était ma maîtresse. Je lui parle et je l’ai baptisée Vega. Comme la cinquième étoile la plus brillante du système solaire. Celle qui est censée remplacer l’étoile polaire pour permettre aux voyageurs de se guider."

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50 KG DE BAGAGE

D’un point de vue logistique, un tel périple ne laisse pas place à l’improvisation. Une cinquantaine de kilos seront ainsi emmenés. Pêle-mêle, on citera une tente, un sac de couchage, du linge de corps, un réchaud miniature, des plats lyophilisés, deux pneus de rechange, "parce que c’est difficile de s’en procurer en Afrique", deux chambres à air en cas de crevaison et un bidon d’essence capable d’assurer une autonomie de quelque 200 kilomètres.

"On dit qu’il faut toujours de l’eau mais sans essence, tu es cloué sur place", rappelle Max qui sait qu’à la sauvette, on peut toujours s’en procurer. Parfois moins pure… C’est aussi ça l’Afrique. Le sens des négociations. L’aventurier a toutefois un principe indiscutable: jamais de bakchich. Quitte à attendre plus longtemps à une frontière…

Il sera ensuite temps de penser au retour. Max Wax fait tellement corps avec sa machine qu’il reviendra au pays dessus alors que ses camarades confieront leur bécane à un ferry et rentreront en avion. Mais ça, c’est pour dans un mois.

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