
Il s’agissait de déterminer qui, de la Ville de Luxembourg ou du LCTO, était responsable de la sécurité en lien avec la sculpture. Il s'agissait aussi de savoir comment la sculpture elle-même, ainsi que son emplacement définitif, avaient été choisis.
Il est apparu clairement que, tant au LCTO qu'à la Ville de Luxembourg, personne ne s’était posé de questions concernant la sécurité de la sculpture en amont. Lors des réunions entre les deux entités avant le marché de Noël, l'installation d'une sculpture de glace avait certes été évoquée. Mais le fait qu’elle devait mesurer 2,5 mètres de haut et servir de "fond de scène" n’avait été communiqué par l’employé du LCTO, qui l’avait commandée au sculpteur, ni à ses collègues du LCTO ni à ceux de la Ville de Luxembourg.
Il avait certes demandé à ces derniers des projecteurs pour l’éclairer, mais aucune mesure de sécurité. À ce sujet, le représentant du parquet a fait remarquer de manière mordante que le "splitting", c’est-à-dire la répartition des tâches entre la Ville de Luxembourg et le LCTO, avait fonctionné pour les aspects techniques et logistiques : les éclairages et l’emplacement ayant été demandés et obtenus par le LCTO. Cette répartition des tâches avait été introduite après les attentats de 2015 et 2016 dans les pays voisins. Ainsi, le LCTO était exclusivement responsable de la programmation artistique, tandis que la Ville de Luxembourg s’occupait de la logistique, de la technique et de la sécurité lors des événements organisés conjointement. Personne n'avait demandé de mesures de sécurité en rapport avec la sculpture.
Le programmateur du LCTO s’est toutefois défendu en affirmant que, si quelqu'un avait dû évoquer des questions de sécurité, cela aurait été le sculpteur lui-même, lui, le programmateur, n’était pas ingénieur en génie civile. Il n’avait pas non plus cherché à vérifier ce que signifiait "fond de scène", terme indiqué dans le devis par le sculpteur, bien qu’il n’ait pas exactement compris le terme. C’est également cet employé du LCTO qui, le vendredi, soit deux jours avant l’accident, après la fin de sa journée de travail, avait demandé à ses collègues de la commune un emplacement pour la sculpture. Ceux-ci lui en avaient montré trois, parmi lesquels il en avait choisi un. Selon le responsable de l’équipe des marchés entendu au tribunal, il lui a alors été indiqué qu'à cet endroit, la sculpture devait être placée de manière à laisser suffisamment d’espace sur les côtés pour installer les stands du marché et garantir l’accès des ambulances à la patinoire.
Mais le programmateur ne travaillait pas le dimanche. À son collègue, qui devait s'occuper du sculpteur, il avait indiqué qu’il fallait laisser un mètre d’espace à l’arrière, donc entre la patinoire et la sculpture, et non sur les côtés, comme cet employé l’a affirmé mercredi. Ce dernier a également confirmé que le sculpteur avait insisté à deux ou trois reprises pour placer un bloc de glace contre la piste. Mais le sculpteur n’avait pas expliqué pourquoi, ni parlé de danger ou de sécurité. Lui-même ne savait pas ce qui allait être installé, mais il a insisté sur le fait qu’une distance d’un mètre devait être respectée par rapport à la patinoire. C’est précisément dans cet espace que le petit Emran a ensuite été touché par des blocs de glace et mortellement blessé.
Ses parents, qui assistent chaque jour au procès au tribunal, ont reçu les condoléances des employés de la Ville de Luxembourg mis en cause. Le président du LCTO, Marc Angel, a également présenté ses condoléances aux parents. En revanche, les employés du LCTO ne l’ont pas fait.