Péage, 3e voie, temps gagné..."Opportunité historique" ou projet "inutile" ? Un nouveau cap décisif pour l'A31bis

Thomas Toussaint
AFP
Les autorités ont présenté mardi l'ouverture de l'enquête publique sur le projet d'A31bis. Le préfet de la Moselle y voit une "opportunité historique" tandis que les opposants du projet restent convaincus de l'inutilité et de l'inadéquation du projet avec les problèmes des usagers et l'environnement.
© Domingos Oliveira / Archives RTL

L'enquête publique portant sur l'autoroute A31bis, étape administrative importante pour ce projet évoqué depuis près de 30 ans pour fluidifier le trafic entre la Lorraine et le Luxembourg, va débuter lundi et se poursuivre jusqu'au 27 juin. La préfecture de la Moselle a présenté mardi soir ce passage administratif indispensable.

Le projet comprend sept kilomètres de tracé nouveau en 2x2 voies pour contourner Thionville. Outre la création d'un tunnel de 2,4 km sous Florange, un élargissement à 2x3 voies de l'actuelle autoroute A31 est prévu entre Thionville et la frontière pour ce chantier estimé à un milliard d'euros. L'élargissement devrait réserver la 3e voie aux transports en commun et au covoiturage, comme c'est le cas sur l'A3, côté luxembourgeois. Et également permettre aux bus de circuler sur la bande d'arrêt d'urgence en cas de ralentissements.

Le projet comprend également la mise en concession de ce tronçon "nord", ce qui implique l'installation d'un péage annoncé comme très coûteux pour les automobilistes : jusqu'à 3,88€ pour un aller simple en direction du Luxembourg. Soit près de 8€ par jour pour un travailleur frontalier. Et même 11,64€ par aller simple pour les poids lourds.

Carte de la future A31bis, du tunnel sous Florange et de l'ex-A31 (en gris).
Carte de la future A31bis, du tunnel sous Florange et de l'ex-A31 (en gris).
© Dreal

Le préfet de la Moselle défend le projet d'A31bis

Evoquant lors d'une conférence de presse les "difficultés" du projet d'A69 entre Toulouse et Castres, le préfet Pascal Bolot a observé que "les projets autoroutiers sont de moins en moins bien compris, à tort ou à raison". Pour autant, il y a en Moselle "une opportunité quasi historique" de réaliser un tel projet, et il serait "contre-productif" de ne pas le valider, selon lui.

Quelque 60.000 voitures font la navette quotidiennement entre les deux pays, et la part de travailleurs frontaliers doit encore augmenter dans les années à venir. Promettant des bouchons toujours plus denses et des temps de trajet allongés pour les usagers. Même si le parc automobile devient tout électrique, "il y aura toujours des voitures" et l'engorgement des voies persistera faute de nouvel axe, juge le préfet.

Un projet "inutile" et mauvais pour l'environnement selon les opposants

Plusieurs associations locales fustigent le projet, qu'elles jugent "inutile" et "anachronique", comme le dit le collectif "Terville contre l'A31bis". En plus d'artificialiser plusieurs espaces naturels, le projet va notamment imposer le passage du tunnel sous la ville de Florange. Les têtes de tunnel étant proches des habitations côté sud, et proches du domaine de Bétange au nord. Pour un gain de temps limité : quelques minutes par trajet sur le nouveau tracé. "Il faut raison garder. Si vous gagnez 12 minutes, c'est multiplié par 80.000 personnes, matin et soir", rétorque le représentant de l'Etat.

Le projet a près de 30 ans, avec initialement l'idée de créer une autoroute A32 reliant la Moselle au Grand-Duché, en tracé neuf, ce qui avait fait l'objet d'un débat public en 1999, avant d'être complètement abandonné en 2007.

Deux réunions publiques sont prévues, le 21 mai à Thionville et le 6 juin à Florange. Le dossier d'enquête publique de l'A31bis est consultable dans 15 mairies et sur une page internet dédiée. L'étape suivante sera la déclaration d'utilité publique (DUP), espérée avant l'élection présidentielle.

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