
"Ce que le gouvernement des Canaries déplore, c’est qu’il n’y ait pas assez d’informations pour savoir s’il y a des risques auxquels il faut faire face", a ajouté cette source, précisant ne pas savoir pourquoi ce vol avait été annulé.
Mardi soir, le ministère espagnol de la Santé avait indiqué que le navire MV Hondius, actuellement au Cap Vert, devait prochainement prendre la route des Canaries, une fois l'évacuation de trois cas suspects réalisée dans le petit pays insulaire africain.
Le ministère espagnol avait aussi assuré que le gouvernement avait "accepté une demande officielle du gouvernement des Pays-Bas pour accueillir le médecin du MV Hondius, qui se trouve dans un état grave et qui sera transporté aux Canaries dans un avion médicalisé aujourd'hui".
Le navire de croisière frappé par un foyer d'hantavirus accostera dans les prochains jours à Tenerife, sur l'une des îles de l'archipel des Canaries, a annoncé mercredi la télévision publique espagnole (RTVE), citant des sources au sein du ministère espagnol de la Santé.
Sollicité par l'AFP, ce dernier n'a pas souhaité confirmer cette information dans l'immédiat.
Le président régional des Canaries, Fernando Clavijo, a pour sa part de nouveau affiché mercredi matin son opposition à toute évacuation de malades sur le sol de l'archipel, déplorant "l'absence totale d'informations" de la part du gouvernement central à Madrid.
"Il n'existe aucune information médicale ni, du point de vue épidémiologique, quoi que ce soit, qui nous indique que le navire" actuellement immobilisé au large de Praia, au Cap-Vert, "ne puisse pas recevoir sur place l'intervention nécessaire", a-t-il poursuivi lors d'un entretien à la radio Onda Cero.
Entre-temps, un passager qui voyageait sur le bateau de croisière où plusieurs cas d'infections à hantavirus se sont déclarés est hospitalisé à Zürich en Suisse, a annoncé le ministère suisse de la Santé mercredi, précisant que ce patient avait été testé positif.
Dans son communiqué, le ministère suisse n’a pas précisé à quelle période cet homme se trouvait à bord du navire, ni à quel moment et dans quelles conditions il l’avait quitté.
"Cet homme et son épouse revenaient d'un voyage en Amérique du Sud fin avril", a indiqué le ministère suisse, ajoutant qu'il "voyageait sur le bateau de croisière où plusieurs cas d'infections sont apparus".
Mardi, l'OMS a fait état de sept cas d'hantavirus (qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu): deux confirmés en laboratoire et cinq suspects.
Trois personnes sont mortes en lien avec le foyer identifié sur le navire de croisière néerlandais, un couple de septuagénaires néerlandais et une passagère allemande.

Le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, qui a indiqué qu'"aucun nouveau cas symptomatique" n'avait été identifié à bord, a annoncé que les deux malades, "nécessitant actuellement des soins médicaux d'urgence" ainsi que "la personne proche du passager décédé le 2 mai", seront évacués vers les Pays-Bas à une date non précisée.
Deux médecins spécialistes des maladies infectieuses sont en route depuis les Pays-Bas pour se rendre à bord du bateau frappé par plusieurs cas d'hantavirus et dont trois passagers sont morts, a indiqué le croisiériste néerlandais opérant le voyage.
"Deux infectiologues, actuellement en route depuis les Pays-Bas, embarqueront à bord du MV Hondius et resteront à bord du navire après son départ prévu du Cap-Vert", a déclaré Oceanwide Expeditions dans un communiqué.
A ce stade, l'OMS suppose qu'un ou plusieurs premiers cas "ont été infectés en dehors du navire" par le virus et qu'il y a eu ensuite "une transmission interhumaine", a déclaré Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.

Toutefois, a-t-elle précisé, il faut que des individus soient vraiment très proches pour se contaminer. "Le risque pour le grand public est faible. Il ne s'agit pas d'un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19".
Après la contamination d'un Britannique, l'organisation a confirmé lundi celle d'une passagère néerlandaise de 69 ans, décédée le 26 avril, pour un bilan revu à deux cas confirmés et cinq autres suspects.
L'OMS a précisé que des recherches avaient été lancées pour "retrouver les passagers" du vol Sainte-Hélène/Johannesburg emprunté par cette Néerlandaise.

Selon l'autorité sanitaire de la province argentine de la Terre de Feu, dont Ushuaïa est la capitale, le MV Hondius avait fait l'objet des contrôles de rigueur avant son départ de cette ville. Elle a également jugé "très improbable" que la maladie ait été contractée localement.
Selon Mme Van Kerkhove, de l'OMS, le variant du virus n'a pas encore été identifié. "Le séquençage est actuellement en cours" en Afrique du Sud "et nous espérons obtenir un résultat prochainement", a-t-elle déclaré, ajoutant que l'"hypothèse de travail" était celle d'un virus des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée.