
Après l’entreprise Manuel Cardoso qui a fait faillite, puis Cenaro ou encore Batipol, la société Stugalux Construction SA est victime à son tour de la crise qui touche depuis des mois le secteur de la construction au Luxembourg. “La société connaît une nette baisse d’activités dans la construction de logements neufs, sa principale activité”, résume Jean-Luc de Mattéis, secrétaire centrale du syndicat Bâtiment à l’OGBL.
De sorte qu’”il y a un sureffectif franc dans l’entreprise”, explique Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB qui coordonne tous les dossiers liés à la construction et à l’artisanat. Ce sont 76 ouvriers du bâtiment, soit 30% de l’effectif de Stugalux Construction SA (250 salariés y travaillent) qui vont faire les frais de cette crise nationale. Une crise sectorielle sans précédente au Luxembourg qui est aussi bien liée aux taux d’intérêts qui n’ont cessé de grimper en 2023, qu’à la flambée des matières premières ou à la prudence inspirée aux ménages par l’inflation galopante.
Réunis pour la première fois autour de la table ce lundi entre 15h00 et 18h00, la direction et la délégation du personnel, épaulée par l’OGBL et le LCGB venu en support, la “discussion était ouverte”, se réjouit Jean-Luc de Mattéis de l’OGBL. “On ne remet pas en cause la réalité de la situation. mais pour nous la seule solution pour répondre à cette situation très difficile est un plan de maintien dans l’emploi”, explique Robert Forniera du LCGB.
“J’espère que la direction a compris qu’un plan social”, synonyme de licenciements collectif, “représente un choc pour les salariés. Un plan de maintien dans l’emploi est une solution plus douce”, explique Jean-Luc de Mattéis. À quoi le patron de Stugalux Construction SA n’est absolument pas opposé.
“Nous avons l’obligation légale dans le cadre d’un plan social de discuter de toutes les mesures d’un plan de maintien dans l’emploi. Nous allons discuter de chaque mesure dans les quatorze jours à venir et prendre le temps de faire cela dans les détails. Si des idées ou des solutions devaient émerger qui, d’une manière ou une autre, devait coller à notre cas de figure, alors je serai le premier à dire: avec plaisir!”, explique Joël Schons face au micro de RTL.
Prêt de main-d’œuvre à d’autres entreprises du BTP, chômage partiel pour raisons économiques, départs anticipés en préretraite,... toutes les options vont être passées au crible. Une nouvelle réunion est déjà fixée ce jeudi.
“Ce qui est très regrettable, c’est qu’on entend depuis de mois que la situation s’empire et voilà qu’un nouveau cas est signalé. Qui sera le prochain?”, interroge Robert Fornieri. Il reste persuadé qu’ ”on aurait pu anticiper la situation” par le dialogue social et parvenir à un Plan de maintien dans l’emploi sectoriel. À présent, il faut négocier des solutions pour chaque entreprise touchée.
“La grande question qui se pose à la boule de cristal est de savoir quand la demande de logement au Luxembourg reprendra?”, s’interroge Joël Schons.
À lire également:
Stugalux Constructions SA. veut licencier 30% de son personnel
Plus de 100 emplois menacés par la faillite de Manuel Cardoso