Du cadmium dans nos assiettesUn réel problème sanitaire en France, mais qu'en est-il au Luxembourg?

Sibila Lind
adapté pour RTL Infos
En France, l'autorité de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) tire la sonnette d'alarme : de nombreuses personnes sont exposées à des concentrations trop élevées de cadmium. RTL a regardé la situation au Luxembourg.
© Envato

Fin mars, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments a lancé une alerte urgente : près de la moitié de la population française avait été exposée à des concentrations excessives de cadmium.

Le cadmium est un métal lourd toxique classé comme "cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction". Il s'accumule progressivement dans l'organisme, en particulier dans les reins et les os, et n'est éliminé que très lentement. Une exposition à long terme a été associée, entre autres, à des lésions rénales, à l'ostéoporose et à un risque accru de divers types de cancer.

Comment le cadmium se retrouve-t-il dans les aliments ?

Le cadmium est présent à l'état naturel dans le sol, l'eau et l'air. Cependant, les activités industrielles et l'agriculture ont contribué à l'augmentation de ses concentrations.

L'utilisation d'engrais phosphatés joue un rôle particulier à cet égard, car ces engrais contiennent du cadmium et la substance s'accumule ainsi dans le sol au fil du temps. De là, le métal pénètre dans la chaîne alimentaire. Des plantes telles que le blé, les pommes de terre, les légumes ou le cacao l'absorbent.

Pourquoi la situation en France est-elle problématique ?

En France, la majeure partie de l'exposition au cadmium provient de l'alimentation. L'une des raisons est l'utilisation d'engrais phosphatés, importés de régions où la teneur en cadmium est élevée. De plus, la France autorise des teneurs plus élevées dans les engrais que ne le recommandent les normes européennes.

Et quelle est la situation au Luxembourg ?

Au Luxembourg, les autorités respectent les règles européennes. L’ALVA (Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire) n’a identifié aucun problème lors de ses contrôles ces dernières années. Entre 2009 et 2024, plus de 1.500 échantillons alimentaires ont été analysés.

Seuls quelques échantillons ont dépassé les limites légales. Des teneurs plus élevées ont notamment été constatées dans les aliments pour bébés à base de blé, les champignons shiitake, la poudre de cacao, les épinards et les algues. Dans ces cas-là, les produits ont toutefois été retirés du marché. Une étude européenne de 2022 montre également que le Luxembourg est nettement moins touché que ses pays voisins. Seuls 4,6 % des adultes présentaient des taux de cadmium élevés, contre 38 % en France.

Comment réduire cette exposition ?

Selon le ministère de la Santé, la mesure la plus importante consiste à arrêter de fumer et à éviter le tabagisme passif.

En outre, il convient d’adopter une alimentation variée et équilibrée. Il n’est pas nécessaire d’éviter complètement certains aliments. Pour les personnes qui cultivent leurs propres légumes, il est recommandé d’utiliser les engrais avec prudence et de faire analyser le sol en cas de suspicion de contamination.

Le Laboratoire national de santé (LNS) participe actuellement à une étude européenne visant à mieux analyser l'exposition chimique de la population. Vous pouvez y participer en cliquant sur ce lien.

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