Des satellites made in Luxembourg ?SES ouvre un nouveau chapitre industriel

Tim Morizet
traduit pour RTL Infos
Après plus de quatre décennies durant lesquelles SES a principalement exploité des satellites construits par des partenaires extérieurs, le pionnier luxembourgeois des satellites ouvre désormais un nouveau chapitre de son histoire.
Adel Al-Saleh, CEO de SES
© archive RTL

À l’avenir, une partie du développement et de l’intégration des satellites se fera directement au Luxembourg. Un campus spatial est prévu à Kockelscheuer, avec des infrastructures de haute technologie, conçues non seulement pour SES, mais pour l’ensemble du secteur spatial luxembourgeois.

Pour le directeur général de SES, Adel Al-Saleh, cette étape est la conséquence logique d’un secteur qui évolue rapidement et en profondeur : “L’industrie est aujourd’hui extrêmement dynamique et compétitive. Les normes que nous connaissions depuis des décennies sont remises en question. Comment les satellites sont-ils développés ? Comment sont-ils construits ? Comment la propriété intellectuelle est-elle contrôlée ?” Pour atteindre la prochaine phase de développement de SES, l’entreprise doit “contrôler elle-même certaines parties de la chaîne d’approvisionnement”.

De nouveaux acteurs dans le domaine des satellites, des évolutions technologiques rapides et des chaînes d’approvisionnement parfois fragiles ont mis le marché sous pression. La réponse de SES : renforcer les compétences internes et prendre davantage le contrôle sur la conception, l’intégration et la technologie, sans pour autant renoncer à ses partenaires internationaux de longue date.

Des facilités de tests pour tout le secteur

Que cette expansion industrielle ait lieu précisément au Luxembourg n’est pas un hasard pour le CEO. “Le Luxembourg est notre maison. Nous avons ici d’excellents ingénieurs et une situation très favorable”, explique Adel Al-Saleh. Mais le rôle de l’État est également déterminant : “L’État est un soutien énorme, non seulement pour SES, mais pour l’industrie en général : infrastructures, investissements, réglementations et écosystème. Cela a fait du Luxembourg un choix évident.

À Kockelscheuer, un campus spatial doit voir le jour, qui sera accessible aussi aux autres entreprises du secteur. Sont notamment prévues des facilités de tests qui seraient trop coûteuses pour des entreprises individuelles. “Avec l’Etat, nous voulons créer un campus qui permette de tester et de développer de nouveaux équipements”, précise Adel Al-Saleh.

Le Luxembourg, centre de compétences européen pour le développement des satellites

L’initiative doit également apporter de nouvelles compétences de haute technologie au Grand-Duché. “Il y a des régions voisines qui ont de l’expérience dans la production automobile. Ici, nous créons une expertise dans la production high-tech et dans le développement de satellites”, explique le PDG. Ces compétences proviendront en partie de l’étranger, mais seront aussi en partie développées localement, en coopération avec l’Université du Luxembourg.

En mars, les premiers ingénieurs emménageront dans les nouveaux locaux à Kockelscheuer.

La production de satellites au Luxembourg, des ambitions européennes, une forte concurrence mondiale ... retrouvez l’intégralité de l’interview en anglais du CEO de SES, Adel Al-Saleh, ci-dessous :

L'interview du directeur général de SES, Adel Al-Saleh, en anglais
À l’avenir, une partie du développement et de l’intégration des satellites sa fera au Luxembourg. Un campus spatial est prévu à Kockelscheuer.

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