
Le gouvernement travaille sur un plan d’action pour clarifier les aspects légaux et organisationnels liés à d’éventuelles attaques de drones contre des infrastructures critiques.
C’est ce qui a été annoncé lundi après la réunion conjointe de la Commission des Institutions et de la Commission de la Mobilité et des Travaux publics, mais sans donner beaucoup de détails. La séance s’est tenue à huis clos et, du côté du gouvernement, aucune déclaration n’a été faite après la réunion.
C’est cependant un sujet qui est déjà discuté depuis longtemps à l’étranger, d’autant plus que cet automne, des drones ont été détectés au-dessus de plusieurs aéroports, ce qui a entraîné une interruption complète du trafic aérien.
Le député LSAP Yves Cruchten parle d’une séance “utile” pour pouvoir se défendre en cas de situation grave. Il s’agit, par exemple, de savoir quel équipement est nécessaire pour se protéger contre d’éventuelles menaces liées aux drones.
Au Luxembourg, la responsabilité d’intervenir lorsqu’un drone apparaît à proximité d’une infrastructure critique incombe à une unité spéciale de la police. Concernant le matériel et la question de savoir si le Luxembourg est bien préparé, Yves Cruchten est resté discret. On ne peut jamais être suffisamment préparé, étant donné que la technologie évolue constamment, surtout dans ce domaine, selon lui.
En réponse à une question parlementaire du député Tom Weidig, le Premier ministre avait indiqué qu’une quarantaine de mouvements suspects avaient été détectés l’année dernière. Pour des raisons de sécurité, peu de détails sont donnés : “La police et l’armée disposent de moyens de neutralisation pour neutraliser les drones. Pour des raisons de confidentialité, aucun détail ne peut être communiqué sur les systèmes concernés.”
Le député Meris Sehovic (Les Verts) a précisé qu’il retient de la séance qu’il n’y a pas lieu de paniquer : “Nous sommes préparés, nous avons déjà un certain nombre de dispositifs qui fonctionnent.”
Les discussions ont toutefois montré qu’il reste du travail et que des modifications législatives sont nécessaires, par exemple concernant la neutralisation des drones. Le député vert a également souligné que la production de drones au Luxembourg doit être surveillée. Il faut s’assurer que les drones fabriqués ici ne tombent pas entre de mauvaises mains. La menace des attaques par drones ne doit pas être considérée isolément, mais plutôt dans le cadre plus large des cyberattaques, et les infrastructures doivent être adaptées en conséquence.
Le député pirate Marc Goergen s’est également montré confiant quant à la bonne préparation du Luxembourg. Il a soulevé la question de savoir si certains équipements ne pourraient pas être financés via le budget de la Défense et pas uniquement via celui de la police. Les Pirates souhaitent plutôt opter pour l’achat de matériel utilisable à la fois au Luxembourg et à l’étranger, par exemple par l’OTAN.
Le plan d’action du gouvernement devrait être finalisé prochainement. Il sera ensuite présenté à la commission parlementaire compétente.