
"Le marché du vin est âprement disputé." Il y aurait une concurrence directe avec le monde entier. C'est pourquoi il faut voir comment s'implanter sur ce marché en tant que viticulteurs luxembourgeois de Vinsmoselle, a déclaré André Mehlen sur RTL. Celui qui était depuis de longues années le responsable des contrôles de qualité de l’Institut viti-vinicole est depuis le 1er février, le nouveau directeur des Domaines Vinsmoselle, où il a succédé à Patrick Berg.
Selon André Mehlen, dans le contexte actuel, il faudrait se demander si les nombreuses gammes de produits ont encore un sens ou s'il ne vaudrait pas mieux les réduire. "Les Domaines Vinsmoselle pourraient certainement suivre les viticulteurs privés en termes de qualité." Mais le haut de gamme à lui seul n'aurait pas de sens pour Vinsmoselle, car la production est trop importante, selon André Mehlen.
Une chose est certaine, c'est qu'il faudrait "revoir l'ensemble de la gamme". Il faudrait être clair sur ce dont les Domaines Vinsmoselle sont synonymes.
Selon le nouveau directeur, "les Domaines Vinsmoselle auraient tiré les leçons" des tensions de l'an dernier suite au procès perdu contre les viticulteurs indépendants à cause du changement de nom envisagé "Les vignerons de la Moselle". Il ne s'en soucierait pas pour le moment.
Réorganiser la grande coopérative des Domaines Vinsmoselle ne se ferait pas du jour au lendemain. Le nouveau directeur en serait conscient. Il a comparé mercredi "Vinsmoselle à un grand paquebot comme le Titanic, qui devrait faire demi-tour. Il ne s'agirait en tout cas pas d'un petit bateau à moteur, qui fait rapidement demi-tour. "De nouvelles choses pourraient quand même être tentées avec une si grosse structure, sans courir un grand risque. Et nous devrions le faire, selon André Mehlen.
Vinsmoselle se serait par exemple récemment lancé avec deux nouveaux produits dans le vin sans alcool, pour lequel la demande progresse.
Là aussi, la coopérative s'adapterait. En termes de chiffres, elle ne remarquerait rien jusqu'à présent de challenges tels que le "Dry January", où les gens ne boivent pas d'alcool pendant tout le mois de janvier.
"Le changement climatique serait un grand point d'interrogation pour les viticulteurs luxembourgeois, parce que nous ne savons pas encore jusqu'à présent vers quoi nous nous dirigeons." Les grands extrêmes météorologiques seraient particulièrement problématiques. De longues périodes de sécheresse qui alternent avec de fortes précipitations d'un coup, mais aussi des années qui sont à nouveau plus fraîches. Il serait difficile de prédire quels types de cépages il serait préférable de planter.
Les fluctuations de températures seraient grandes. Les vins blancs acquerraient par conséquent sûrement un caractère différent et le vin rouge deviendrait de plus en plus une option supplémentaire.
Le secteur viticole est également confronté à l'inflation, particulièrement à travers la hausse des coûts de production. Pour le verre ou les bouchons, par exemple. Là il faudrait voir où des économies pourraient être réalisées, tout comme sur les trois différents sites de production.
OPPOSE A UN NOUVEAU DURCISSEMENT DES REGLES EUROPEENNES DE PROTECTION DES VEGETAUX
En ce qui concerne le durcissement envisagé des règles de protection des végétaux par l'Union européenne, André Mehlen espère que l'UE n'a pas encore dit son dernier mot. "Nous travaillons dans une monoculture, où il faudrait produire beaucoup", là, impossible d'éviter certains traitements.