Terrible séismePlus de 25.000 morts en Turquie, un 3e secouriste luxembourgeois envoyé

RTL Infos
Le Ministère de l'Intérieur luxembourgeois a annoncé qu'un troisième membre de l'équipe d'intervention humanitaire (HIT) du CGDIS a été déployé pour apporter un soutien en Turquie, où le séisme a fait 25.000 morts.
© AFP

Le Luxembourg continue d'apporter son soutien à la Turquie, après le terrible séisme qui a secoué le pays et fait plus de 25.000 morts, lundi 6 février. Le Ministère de l'Intérieur luxembourgeois a annoncé qu'un troisième membre de l'équipe d'intervention humanitaire (HIT) du CGDIS a été envoyé pour apporter un soutien en Turquie.

"Le Luxembourg continue ses efforts de soutien à la mobilisation internationale en faveur de la Turquie et de la Syrie. Un pompier duCGDIS interviendra dans la coordination logistique des équipes européennes sur place" a tweeté Paul Schroeder, le Directeur général du Corps grand-ducal d’incendie et de secours du Luxembourg.

ENTRE VIES SAUVÉES ET INSÉCURITÉ

Des vies miraculeusement sauvées, des morgues improvisées et une situation sécuritaire difficile: les secours se poursuivent samedi en Turquie et en Syrie après le puissant séisme qui a tué plus de 25.000 personnes et fait des millions de sans-abris.

Dans le froid hivernal, les sauveteurs continuent à extirper des personnes vivantes, dont des enfants, des décombres cinq jours après la catastrophe.

Mais l'armée autrichienne a annoncé la suspension de ses opérations de sauvetage dans les zones turques affectées, invoquant "la situation sécuritaire".

"Il y a eu des agressions entre des groupes", a déclaré à l'AFP un porte-parole à Vienne, sans donner plus de détails sur ces incidents.

Une décision similaire a été prise en Allemagne par l'Agence fédérale pour le secours technique (THW), ainsi que par l'ONG I.S.A.R. Germany, spécialisée dans l'assistance aux victimes de catastrophes naturelles, selon un porte-parole de l'ONG.

Deux maîtres-chiens autrichiens ont cependant pu reprendre les recherches dans l'après-midi, selon la même source, "sous la protection de l'armée turque".

Selon un tweet de l'ambassade de Turquie à Vienne, "l'équipe autrichienne ne rencontre actuellement aucun problème de sécurité".

"J'AI LE COEUR BRISÉ"

Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est quant à lui arrivé dans la ville syrienne d'Alep, durement frappée par le séisme.

"J'ai le cœur brisé en voyant les conditions auxquelles les survivants sont confrontés - un temps glacial et un accès extrêmement limité aux abris, à la nourriture, à l'eau, au chauffage et aux soins médicaux", a-t-il tweeté

D'après les derniers bilans officiels, le tremblement de terre d'une magnitude de 7,8 a fait au moins 25.401 morts: 21.848 en Turquie et 3.553 en Syrie.

L'OMS estime que 23 millions de personnes dans les deux pays sont "potentiellement exposées, dont environ cinq millions de personnes vulnérables" et redoute une crise sanitaire majeure qui causerait plus de dommages que le séisme.

Les organisations humanitaires s'inquiètent particulièrement de la propagation du choléra, qui est réapparu en Syrie.

Le gouvernement syrien a autorisé vendredi "l'acheminement des aides humanitaires à l'ensemble" du pays - y compris les zones tenues par les rebelles - où 5,3 millions de personnes risquent de se retrouver sans abri selon l'ONU.

Un point de passage a par ailleurs été ouvert entre la Turquie et l'Arménie, pour la première fois depuis 35 ans, pour permettre l'arrivée  d'aide humanitaire par ce point à Alican, dans la province d'Igdir, selon l'agence turque.

"LE MONDE EST-IL LÀ ?"

En Turquie, une fillette de deux ans, Asya, a pu être sauvée dans la province de Hatay (sud), selon des médias turcs, mais sa famille n'a pas encore été retrouvée.

Des sauveteurs ont également retiré vivante des décombres une femme de 70 ans, Mnekse Tabak, dans la province turque de Kahramanmaras, au milieu des applaudissements et des cris "Allah est grand", selon une vidéo diffusée par la chaîne publique TRT Haber. "Le monde est-il là?", a-t-elle demandé en revenant au jour.

L'agence de presse Anadolu a elle mentionné le sauvetage d'une mère de 35 ans, Ozlem Yilmaz, et de sa fille de six ans Hatice, dans un immeuble effondré de la province d'Adiyaman. Un médecin américain leur a apporté de premiers soins avant leur transfert vers un hôpital.

Une ONG allemande a annoncé le décès des suites de ses blessures d'une femme de 40 ans retrouvée en vie à Kirikhan (sud de la Turquie) après plus de 100 heures sous les décombres.

Dans le sud du pays il a fallu avoir recours à des morgues improvisées sur les parkings, dans les stades ou les gymnases, où des familles angoissées cherchent leurs morts.

Selon l'agence turque chargée des catastrophes naturelles, près de 32.000 personnes sont mobilisées pour les opérations de recherche et de secours, ainsi que plus de 8.000 secouristes étrangers. Plus de 25.000 militaires turcs se trouvent également dans les régions sinistrées, selon le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.

ARRESTATIONS

Par ailleurs, les médias turcs ont annoncé l'arrestation d'une douzaine d'entrepreneurs, principalement dans la région de Sanliurfa, l'une des plus touchées.

L'effondrement brutal des bâtiments, qui trahit leur médiocre construction et n'ont laissé pratiquement aucune chance à leurs résidents, suscite la colère dans le pays.

Si l'aide humanitaire de l'étranger afflue en Turquie, l'accès à la Syrie en guerre, dont le régime est sous le coup de sanctions internationales, s'avère plus compliqué.

"Le Conseil des ministres a accepté l'acheminement des aides humanitaires à l'ensemble" du territoire syrien, "dont les zones hors du contrôle de l'Etat", a annoncé le gouvernement syrien.

Damas a précisé que la distribution de l'aide devrait être "supervisée par le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge syrien", avec l'appui de l'ONU.

Jusque-là, la quasi-totalité de l'aide fournie aux zones rebelles transitait au compte-gouttes, à partir de la Turquie par le point de passage de Bab al-Hawa, le seul actuellement garanti par les Nations Unies.

Sur la côté syrienne, Jableh, bastion du régime dans la province de Lattaquié (nord-ouest), avait été relativement épargné par les hostilités, mais la violence du séisme a rendu la ville méconnaissable.

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