
Ni les syndicats ni les représentants des employeurs n'ont pour l'instant de détails sur ce que pourrait signifier une nouvelle tranche indiciaire pour les entreprises. Selon le dernier accord tripartite, l'État prendra en charge toutes les tranches indiciaires supplémentaires en 2023, c'est-à-dire après celle de février et celle d'avril, qui est en fait la tranche reportée l'an dernier. Selon les prévisions du Statec, un nouvel index pourrait tomber au quatrième trimestre 2023.
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La situation serait tendue dans l'artisanat, dit Tom Wirion, le directeur général de la Chambre des Métiers. Les artisans ne pourraient pas simplement répercuter la tranche indiciaire sur les clients. Michel Reckinger, président de l'Union des Entreprises luxembourgeoises, ajoute que les entreprises doivent aussi payer les coûts élevés de l'énergie et les matériaux, devenus plus chers.

Tom Wirion se demande comment le mécanisme d'indexation devrait fonctionner à long terme dans des périodes comme celle-ci. Ce serait une "spirale infernale". L'index ferait grimper l'inflation, qui déclencherait de nouvelles tranches indiciaires. A cela s'ajouterait la discussion sur le "Phasing out", c'est-à-dire le moment, où les mesures prises pour lutter contre l'inflation, comme par exemple le plafonnement des prix de l'énergie, arriveront à échéance. A ce moment-là, nous risquerions un choc inflationniste et donc à nouveau de nouvelles tranches. "Je pense que nous devons prendre un peu de recul et réfléchir objectivement si le cumul de tranches indiciaires est la bonne solution pour les particuliers et les entreprises", pense Tom Wirion. C'est pourquoi, pour lui, il ne devrait y avoir aucun tabou dans la discussion sur l'index.

Le président du syndicat LCGB, Patrick Dury, affirme que le dernier accord tripartite aurait été bon. Il aurait atteint son objectif, freiner l'inflation. Mais une revendication des syndicats n'aurait pas été satisfaite et serait répétée cette année: l'ajustement du barème fiscal à l'inflation. "Il faut ajouter une adaptation du barème fiscal au mécanisme de l'index", selon le syndicaliste. Le pouvoir d'achat devrait être garanti, tout comme les emplois.
L'UEL ne s'inquiète pas encore trop d'une éventuelle nouvelle tranche supplémentaire. "Lors de la dernière réunion tripartite, il a été convenu que l'État compenserait intégralement la différence que représenterait une tranche cette année", selon Michel Reckinger. Il espère maintenant obtenir rapidement des détails sur la mise en oeuvre technique.
Le reportage de RTL en langue luxembourgeoise: