
Lors de ce bilan parlementaire, la porte-parole de déi Gréng, Sam Tanson, s’est interrogée sur la capacité du gouvernement à prendre aujourd’hui les bonnes décisions pour demain. À l’aide de trois exemples, elle a démontré que ce n’était pas le cas.
L'élue a d’abord évoqué les finances publiques, qui, selon elle, sont loin d’être solides. Le gouvernement miserait trop sur des recettes à court terme, telles que les accises sur les carburants et le tabac, tout en réduisant les impôts. Cette politique réduirait la marge de manœuvre nécessaire pour investir dans les infrastructures publiques, telles que les écoles, les hôpitaux ou encore le logement abordable.
"Et pas plus tard qu'hier, le ministre du Logement nous a expliqué à la Chambre, dans le contexte de la construction de logements abordables, que nous connaissions tous la situation de nos finances publiques. C’est pourquoi il ne serait actuellement pas possible d’en faire davantage en matière de logement abordable, que ce qui est déjà fait. Et c’est précisément contre cette évolution que nous mettons en garde."
Le logement constitue un deuxième exemple qui, selon elle, montre que le gouvernement ne planifie pas pour l’avenir. Pour les personnes qui travaillent au Luxembourg, disposer d’un logement est la base pour construire leur vie. Mais le foncier est une ressource limitée et pas un objet de spéculation.
"Il n’est pas acceptable que des terrains constructibles et des logements restent bloqués pendant des années alors qu’un nombre croissant de personnes ne trouve pas de solution. C’est pourquoi nous continuons à penser que les mesures anti-spéculation nécessaires, qui sont déjà depuis longtemps en procédure législative, doivent être accélérées, et non davantage reportées ou édulcorées."
Selon elle, les partis gouvernementaux répètent sans arrêt que l’État ne peut pas résoudre à lui seul le problème du logement. Mais c’est précisément pour cette raison qu’ils devraient agir de manière plus conséquente là où ils disposent de moyens d’intervention.
"Cela passe par des terrains légaux, mais aussi par des instruments légaux permettant de mobiliser les terrains. Nous restons également convaincus que la construction de logements publics doit être développée de manière beaucoup plus ambitieuse. Sur la durée, c’est en effet le seul moyen d’avoir une véritable influence sur les prix. Nous continuons par ailleurs à penser que le marché locatif a besoin de règles claires."
Dans le contexte de la pénurie actuelle de logements, le marché ne devrait pas être le seul à déterminer ce qui est abordable.
Selon déi Gréng, le gouvernement manque également de vision à long terme en matière de politique climatique. Les dernières semaines ont montré que le changement climatique n’est pas une question abstraite relevant d’un avenir lointain.
“Les vagues de chaleur nous montrent que nous devons préparer notre pays. Nous devons repenser nos communes : plus d’arbres, plus d’ombre, moins de surfaces imperméabilisées dans l’espace public, afin que celui-ci reste agréable à vivre même en été. Mais nous ne devons pas commettre l’erreur d’opposer l’adaptation au changement climatique à la protection du climat. Nous avons besoin des deux."
Selon les Verts, il s’agit également d’une question de justice sociale. C’est pourquoi le parti demande au gouvernement d’accélérer le développement du leasing social pour les voitures électriques et d’étendre ce dispositif aux pompes à chaleur.
Sam Tanson a également évoqué les récents dossiers concernant le Musée des Sports, le projet Alpha ou encore l’immigration illégale, qui auraient, selon elle, un point commun.
"Trop souvent, on a eu l’impression que les informations n’étaient divulguées que par fragments, que le Parlement ne disposait pas toujours des informations nécessaires et que les problèmes étaient davantage gérés qu’éclaircis. On a même parfois eu le sentiment que l’on cherchait à échapper au contrôle du public en ne communiquant pas ou en ne publiant pas certaines informations."
Mais dans une démocratie, a-t-elle conclu, la transparence n’est pas un luxe, mais la condition préalable.