
Le Luxembourg, tout comme l’ensemble de l’Europe, se trouve dans une phase de transition énergétique. Mais comme celle‑ci a un coût et que tout le monde ne peut pas assumer ce coût sans difficulté, chaque État membre de l’Union européenne doit élaborer un plan social pour le climat. Au Luxembourg, ce plan a été présenté jeudi matin par le ministre de l’Environnement Serge Wilmes et le ministre de l’Économie Lex Delles aux commissions parlementaires compétentes.
Dans le contexte de la guerre en Iran et de la hausse des prix de l’énergie qui en découle, ce plan est encore plus d’actualité. Le député DP Luc Emering souligne que le plan a été élaboré avant la crise actuelle et qu’il prévoit avant tout des mesures à long terme. Certaines mesures devraient toutefois produire des effets relativement rapides pour la population.
“Par exemple, une compensation de la taxe CO2 pour les ménages vulnérables, qui sera appliquée directement sur la facture de chauffage, soulagera certainement les ménages.”
Mais précisément les personnes qui utilisent beaucoup d’énergies fossiles continueront à ressentir les fluctuations, parfois très fortes, des marchés mondiaux. Il faudra malgré tout maintenir le cap de la transition énergétique.
C’est également l’avis de Franz Fayot (LSAP). Même s’il salue le plan dans son principe, il estime qu’il manque globalement d’ambition. Il repose presque exclusivement sur des subventions, alors qu’il faudrait aussi prévoir des taxes, des interdictions et le principe du pollueur‑payeur.
“Il contient par exemple une mesure qui vise à rénover des logements inoccupés. Il faut dire que c’est une bonne chose, mais, au fond, il ne devrait pas être possible, au Luxembourg, de laisser un logement vacant. Nous sommes un pays confronté à une grave crise du logement, avec une forte cherté, et permettre simplement aux propriétaires de laisser un logement vide est, au fond, inacceptable.”
Le plan n’a en revanche pas convaincu le député ADR Tom Weidig. Selon lui, la plupart des mesures devraient être purement et simplement supprimées.
“Parce qu’elles ne font que fausser le marché. Si nous devons uniquement accorder des subventions, cela ne signifie rien d’autre que le fait que ces technologies ne sont pas encore suffisamment mûres pour être adoptées par la population et qu’elles restent encore trop chères.”
La hausse des prix de l’énergie serait en outre, pour une large part, le résultat d’une politique énergétique erronée, parce qu’irrationnelle, selon l’élu ADR.