
L’objectif : permettre aux habitants, commerçants et travailleurs du quartier d’échanger directement avec les agents, dans un cadre détendu. Si les premières participantes ont exprimé leur malaise face à la situation sécuritaire, la majorité des témoignages se sont révélés plus nuancés.
Au fil de l’après‑midi, une vingtaine de personnes — principalement des résidents et des commerçants du quartier — ont rejoint la rencontre. Certains étaient venus par curiosité, d’autres pour faire remonter des problèmes concrets, et plusieurs pour saluer le travail des forces de l’ordre. Plusieurs habitants de la rue de Strasbourg, souvent citée dans les débats sur la sécurité, ont expliqué se sentir directement concernés.
Interrogés sur leur perception du quartier, les avis divergent. Certains estiment que le parvis de la gare reste un point sensible, notamment en raison de vols fréquents. D’autres jugent que la situation n’est pas aussi dangereuse qu’elle est parfois décrite, évoquant un sentiment d’insécurité davantage alimenté par les discussions que par la réalité. Plusieurs participants affirment que le quartier n’a pas fondamentalement changé depuis dix à quinze ans, malgré quelques « hotspots » connus.
Les policiers présents ont été largement sollicités. Pour eux, ce type de rencontre permet de montrer une autre facette de leur métier, loin des interventions rapides du quotidien. Ils soulignent que certaines attentes du public reposent sur des idées fausses concernant les pouvoirs de la police, parfois influencées par des comparaisons avec l’étranger ou avec la fiction.
Concernant la gare elle‑même, les forces de l’ordre reconnaissent l’existence d’une criminalité liée aux stupéfiants. Mais selon le policier Olivier Mabille, il serait exagéré de qualifier le quartier d’« onsécher », (“dangereux” en français). Dans l’ensemble, affirment‑ils, la situation reste maîtrisée, même si la présence policière et le dialogue avec les habitants demeurent essentiels.