EmploiLes frontaliers plus touchés par la crise que les résidents

Thomas Toussaint
Il y a un moins de frontaliers embauchés au Luxembourg en ce début d'été. La raison? La crise sanitaire bien sûr.
© Johanna Buguet / Unsplash

Sont-ils les premières victimes de la crise? D'après les données du Statec, le nombre de frontaliers employés au Luxembourg a baissé entre février et juin. Et pas qu'un peu.

D'après les données de l'institut de statistiques, on comptait 205.708 frontaliers salariés en février, contre seulement 201.230 en mars, soit au début du confinement. En juin, leur nombre n'atteignait que 202.756 employés, soit toujours bien en-deçà de la période d'avant-crise (-2.952 employés).

Cet important recul est surtout marqué chez les frontaliers... Et quasi-absent chez les employés résidents. En effet, bien que leur nombre ait baissé dans des proportions similaires au printemps, il avait quasiment retrouvé son niveau d'avant-crise en juin (-399 employés).

Le caractère récent de la crise rend encore difficile l'analyse de ce phénomène. Toutefois, le Statec nous a fait parvenir quelques éléments permettant de le comprendre. En effet, les branches les plus "frappées" par la crise sont également celles qui emploient de nombreux frontaliers. C'est notamment le cas du secteur de la construction, du commerce ou encore de l'intérim. À l'inverse, la branche la plus "dynamique" ces dernières semaines est celle de l'Administration publique, dont l'activité s'est intensifiée durant la crise. Or, l'emploi public est très majoritairement tourné vers les résidents.

Heureusement, les données rassemblées par le Statec laissent entrevoir une éclaircie sur le marché du travail: celui-ci rebondit depuis le début de l'été grâce à l'intérim et au secteur public. De bon augure alors que le taux de chômage a grimpé à 7%, ce qui ne s'était plus produit depuis janvier 2015.

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