Quelque part à LuxembourgLes étranges messages sur une maison de la capitale

RTL Infos
Le quartier Weimerskirch compte une maison taguée de messages en lien avec l'Iran. Mais le bâtiment aborde également un problème bien luxembourgeois.
© Jean-Baptiste Verwaerde

La maison, qui se trouve dans un coin reculé, à la fin du Fond Saint-Martin, dans le quartier Weimerskirch de Luxembourg-Ville, invite à la réflexion et provoque certaines interrogations. La plupart des gens qui passent par ici pensent probablement que personne n'habite à cet endroit, derrière cette vieille boîte aux lettres rouillée.

De plus près, on s'aperçoit qu'il ne reste plus qu'un trou de l'ancienne porte d'entrée, une espèce de drap orné de léopards pend juste au dessus, accroché à l'auvent. La porte du garage est grande ouverte, une tente y est installée à l'intérieur. Plusieurs images sont peintes sur la façade, certaines fenêtres sont barricadées, d'autres sont remplies de peinture et de messages comme "Roi IRAN Reza Pahlavi" avec une image où le texte "école d'Art Premier Ministre IRAN chapour Bakhtiar" a également été inscrit.

Reza Pahlavi, le fils aîné du dernier Shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, a dû quitter le pays avec sa famille suite à la révolution islamique de 1979. Il s'est ensuite adressé publiquement aux autorités religieuses et politiques de son pays afin qu'ils organisent une transition pacifique et qu'un référendum sur l'avenir politique de l'Iran soit organisé. En réaction à sa critique, il a été visé par une "fatwa", sorte de peine de mort à son encontre.

Chapour Bakhtiar était Premier ministre iranien de 1978 à 1979, avant de quitter le pays et de se réfugier en France. En 1991, il a été poignardé à mort près de Paris par des agents iraniens.

Mais quel est le lien entre ces 2 personnes et la maison du Fond Saint-Martin à Luxembourg ? Deux voisins ont expliqué aux équipes de RTL qu'un Iranien avait squatté les lieux il y a environ un an. Il utilisait la maison en tant qu'atelier et circulait parfois dans le quartier avec des pancartes. Une témoin affirme qu'il était visiblement contre le régime actuel en Iran mais qu'il ne l'avait jamais dérangée. Pourtant, il y a plusieurs mois, la police est intervenue afin de l'expulser avant de barricader la maison qui, depuis, a complètement été abandonnée, ou presque, puisque deux hommes ont à nouveau élu domicile dans cette maison, sans se faire remarquer par les voisins.

Une question reste sans réponse: à qui appartient donc cette maison ? Personne ne le sait. Une des voisines connaissait une femme qui habitait à cette adresse, mais depuis les propriétaires ont changé à plusieurs reprises. L'un d'entre eux a tenté de construire une terrasse, ce qui lui a été refusé par la commune. Le cadastre a permis à notre équipe de découvrir que la parcelle appartient désormais à trois parties: 2 entreprises et un particulier qui ont conclu une copropriété volontaire. Pourquoi n'ont-ils pas rénové la maison afin d'y habiter ou de la louer ? Aucune réponse à ce stade.

Le Luxembourg regorge de maisons vides, inhabitées, souvent parce que les propriétaires attendaient que le prix du terrain grimpe encore un peu. Nous ne saurons pas s'il en est de même pour ce bâtiment abandonné au fin fond de la capitale. Une chose est sure, il permet au moins à quelques personnes d'avoir un toit sur la tête et de se protéger du mauvais temps, même si leur présence n'est peut-être pas tout à fait officielle.

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