
La dernière réforme remonte à dix ans et devait permettre une baisse des prix. Cela n’a toutefois pas été le cas, c’est pourquoi elle est actuellement en cours de révision. D’ici 2030, le marché des taxis devrait être libéralisé, ce qui signifie que le nombre de licences de taxi ne sera plus limité. Mais la Chambre des métiers ne s’attend pas à une baisse des prix.
Au contraire, l’utilisation des taxis devrait augmenter, comme l’explique Gilles Walers: “cela signifie que si vous avez plus de taxis, le taux d’utilisation baissera naturellement en conséquence, et les tarifs des taxis augmenteront alors mécaniquement. Nous ne comprenons donc pas vraiment l’approche du ministère, qui souhaite à la fois augmenter les tarifs et la disponibilité des taxis en mettant davantage de taxis en circulation. Rien de tout cela ne conduira à une baisse des prix”.
Le projet de loi prévoit que les plateformes intermédiaires, telles qu’Uber ou Bolt, doivent obtenir l’autorisation de l’État pour pouvoir être utilisées au Luxembourg. Elles doivent se conformer à un certain nombre de règles, telles que la fixation des prix avant le trajet et le recours exclusif à des chauffeurs titulaires d’une licence.
Toutefois, selon la Fédération des artisans, une concurrence trop forte serait également contre-productive. Le risque serait alors de voir un grand nombre de chauffeurs exercer en tant que chauffeurs de taxi indépendants, met en garde Christian Reuter: “nous pensons que beaucoup de personnes qui sont aujourd’hui salariées vont tenter cette voie. Nous observons également cette tendance à l’étranger. Nous constatons également une forte augmentation du nombre de travailleurs indépendants ce qui implique que les entreprises se retrouvent alors confrontées à de nouveaux problèmes. Ces travailleurs indépendants doivent ensuite travailler dans des conditions très précaires, car ils ne bénéficient pas de la protection du droit du travail et ne disposent pas de convention collective. Nous entendons parler de cas à l’étranger où des personnes dorment dans leur voiture. Nous sommes donc confrontés à des situations très étranges, que nous ne voulons pas spécialement répéter chez nous”.
En général, les acteurs du secteur se sentent ignorés. Ils avaient fait toute une série de propositions pour améliorer le service comme notamment fixer des prix maximaux et minimaux ou utiliser des taximètres connectés, ce qui permettrait de mieux contrôler le respect du droit du travail. Mais aucune de ces idées n’a été retenue.