La Fédération des acteurs du secteur social au Luxembourg, la FEDAS, organise ce mardi à la Coque la troisième édition de la Journée du secteur social. Elle est placée cette année sous le signe des opportunités et des risques liés à l’intelligence artificielle. Mais au‑delà de cela, le secteur social connaît lui aussi un certain nombre d’évolutions et de défis.
Plus de 200 organisations, regroupant plus de 15.000 salariés, sont membres de la FEDAS, née d’une fusion en 2018. Le secteur social est très vaste et couvre l’aide à l’enfance et à la jeunesse, le conseil familial, le logement, le handicap ainsi que les initiatives d’emploi. Souvent, le travail accompli par ces organisations se déroule un peu sous les radars du grand public, mais il y a deux ans, le secteur s’est soudain retrouvé au centre de l’attention médiatique avec l’affaire Caritas. Carlos Breda, l’un des deux vice‑présidents de la FEDAS, revient sur les suites de cette affaire :
“Elle a montré à quel point les organisations sociales peuvent être vulnérables, notamment dans le domaine de la sécurité numérique. Ce n’est pas seulement le secteur privé qui est concerné, mais tout le monde. En même temps, cette affaire a aussi révélé qu’il existe encore des lacunes et des défis structurels dans notre secteur, et qu’il faut les aborder de manière structurelle.”
Pour y parvenir, la FEDAS souhaite devenir plus active et s’impliquer davantage dans les domaines de la prévention et de la communication. Elle veut pour cela coopérer étroitement avec les responsables politiques. C’est dans ce contexte qu’un protocole d’entente a été signé il y a quelques mois avec sept ministères. Pour améliorer la transparence, la loi sur les ASBL a également été révisée récemment. La FEDAS considère ces changements de façon nuancée.
“La réforme de la loi sur les ASBL était nécessaire, mais selon nous, cela ne suffit pas. Il faudrait travailler beaucoup plus, comme je l’ai dit, au niveau des conventions, des cadres et de la gouvernance des organisations, et renforcer le dialogue, le dialogue structuré, comme nous l’appelons. Et c’est précisément ce dont nous discuterons d’égal à égal avec les ministères, avec ce protocole d’entente, dans les mois et années à venir.”
Depuis l’affaire Caritas, l’Almanach social, qui constituait une sorte d’état des lieux de la situation sociale et économique du pays, n’existe plus. Comme alternative, la FEDAS a annoncé fin 2024 la création de son Plaidoyer social. Celui‑ci est désormais en cours d’élaboration.
“Nous avons déjà rédigé plusieurs avis ainsi que des articles. Notre grande priorité était le logement : nous traversons une crise du logement et nous sommes actifs dans ce domaine. C’est une nouvelle équipe, constituée il y a moins d’un an, mais nous sommes très actifs et nous faisons tout notre possible pour jouer pleinement le rôle du Plaidoyer Social au niveau national.”
Interrogé ensuite sur ce qui doit concrètement changer dans le domaine du logement, Carlos Breda répond qu’il faut créer un cadre permettant aux personnes vulnérables, comme les jeunes ou les familles, de vivre dans des conditions décentes. Concernant l’intelligence artificielle, la FEDAS estime qu’elle ne doit pas remplacer l’humain, mais le soulager.