
L’institut présente quatre scénarios allant de 944.000 habitants dans l’hypothèse la plus basse à 1,067 million dans la plus élevée. Eurostat, de son côté, anticipe 962.500 habitants. De nos jours, le pays compte environ 691.000 résidents.
Les deux institutions s’accordent sur une croissance soutenue jusqu’au milieu du siècle, avant un ralentissement. Les divergences proviennent surtout de la manière de projeter la migration. Eurostat prolonge les tendances passées, tandis que le STATEC relie directement les flux migratoires à l’attractivité économique du Luxembourg : plus les salaires et la productivité progressent par rapport aux pays voisins, plus le solde migratoire augmente. Cette approche explique pourquoi les scénarios du STATEC à forte productivité dépassent le million d’habitants en 2070, alors que les scénarios plus pessimistes se rapprochent des estimations d’Eurostat.
La migration resterait le principal moteur de la croissance démographique, comme ces dernières décennies où elle a représenté environ 80% de l’augmentation de la population. En 2070, le solde migratoire varierait entre 3.300 et 7.500 personnes selon les scénarios du STATEC, tandis qu’Eurostat prévoit une trajectoire intermédiaire, avec un pic autour de 10.000 personnes en 2031 avant une baisse progressive vers un peu plus de 3.000.
Les projections montrent aussi une légère hausse de la fécondité, plus marquée dans les estimations du STATEC, qui voit l’indice atteindre 1,50 enfant par femme en 2070, contre 1,41 pour Eurostat. Dans tous les cas, le Luxembourg resterait loin du seuil de remplacement des générations.
Les hypothèses de mortalité sont proches : en 2070, l’espérance de vie atteindrait environ 90 ans pour les femmes et 86 ans pour les hommes, avec des écarts minimes entre les deux institutions.
Enfin, les pyramides des âges confirment un vieillissement marqué de la population. L’âge moyen passerait d’environ 40 ans aujourd’hui à 46–48 ans en 2070. Le phénomène serait plus prononcé dans les projections d’Eurostat, où la migration ralentit davantage en fin de période. Les scénarios du STATEC à forte productivité maintiennent une structure démographique légèrement plus favorable grâce à une immigration plus soutenue.
Ces projections ne détaillent toutefois pas les conséquences de ces évolutions, se limitant à la description des trajectoires démographiques.