
La Commission nationale pour la protection des données (CNDP) a lancé un avertissement public sur les risques potentiels liés à l’utilisation de DeepSeek R1, un modèle d’intelligence artificielle développé par la Chine.
Auparavant, l’Australie a banni tous les programmes d’intelligence artificielle DeepSeek des ordinateurs et des appareils mobiles de son gouvernement, invoquant un risque de sécurité accru lié à l’application basée en Chine.
Bien que librement accessible en ligne, l’outil n’est pas conforme aux réglementations européennes en matière de protection des données, notamment au règlement général sur la protection des données (RGPD), selon la Commission.
Cet avertissement intervient alors que DeepSeek, disponible sous forme de logiciel libre sur des plateformes telles que Hugging Face, suscite des inquiétudes quant à la sécurité des données et à la protection de la vie privée, les données des utilisateurs pouvant être stockées, transférées ou analysées sans garanties claires.
L’absence de représentant légal de l’entreprise chinoise dans l’UE complique encore la surveillance réglementaire et les recours potentiels en cas d’utilisation abusive des données.
Pour limiter les risques, la CNPD déconseille d’installer DeepSeek dans les environnements informatiques, avertit les utilisateurs de ne pas saisir de données personnelles ou sensibles et exhorte les entreprises et les particuliers à privilégier les outils d’IA conformes à la réglementation européenne.
Suite à cet avertissement, le député du Parti Pirate Marc Goergen a déposé une enquête parlementaire pour savoir si le gouvernement luxembourgeois envisageait d’interdire ou de limiter officiellement DeepSeek au Grand-Duché.
Dans une réponse commune, les ministres Delles, Obertin et Margue ont réitéré les préoccupations exprimées par la CNDP, expliquant que le personnel du gouvernement a reçu un ensemble distinct de lignes directrices sur l’utilisation des outils d’IA à la fin du mois de janvier.
Toutefois, tout en soulignant qu’il est conseillé au personnel de ne pas alimenter en « informations inédites et professionnelles » un service d’IA non approuvé par le gouvernement, la réponse n’indique pas si une interdiction potentielle de DeepSeek se profile à l’horizon.