
Mercredi après-midi, le Premier ministre Luc Frieden a présenté aux députés le programme gouvernemental. Après son discours, les réactions n’ont pas manqué, particulièrement depuis les bancs de l’opposition.
“Un ciel bleu rayonnant et ensoleillé, sans un nuage, et apparemment les craintes qui étaient présentes lors des négociations de coalition se sont désintégrées dans l’air”, déclare le porte-parole des Piraten, Sven Clement, non sans ironie. Nous avons eu le sentiment d’entendre l’histoire de Robin des bois, mais inversée. Il a été beaucoup question d’argent, de ce que le gouvernement veut dépenser, mais pas d’où viendra cet argent.
Lorsque la porte-parole des Verts examine la politique financière du nouveau gouvernement, elle n’est pas non plus très contente. “Nous craignons que la coalition CSV-DP coûte vraiment cher aux citoyens”, pense Sam Tanson. Elle parle d’un pari non couvert sur l’avenir de notre pays, que fait le gouvernement. En baissant les impôts, surtout pour ceux qui ont déjà les moyens, le gouvernement parie que cela génèrera suffisamment de recettes fiscales pour les projets de l’Etat. Il n’a pas été précisé à quoi ressemblera le financement des baisses d’impôts.
Le député de déi Lénk, Marc Baum, parle d’”explosif pour les inégalités sociales”. “Le discours manquait relativement d’inspiration. Une lecture à voix haute de différents points de l’accord de coalition”, trouve-t-il. Ils tentent de désamorcer la crise du logement avec les moyens qui ont déjà échoué au cours des 20 dernières années, en tentant de miser uniquement sur le marché privé. Baisser les impôts sur les gros bénéfices et les grandes fortunes, n’est pas la bonne voie.
La présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, est du même avis. “On sort les vieilles recettes du tiroir pour résoudre les problèmes actuels”. Pour le logement, le périmètre constructible va être étendu au détriment de la biodiversité. L’amortissement accéléré, qui sera réintroduit, a été supprimé il y a des années, parce qu’il n’avait rien apporté. Avec l’adaptation du barème, l’écart entre les riches et les pauvres va encore se creuser.
La déclaration avait l’aspect d’un discours dominical, où tout est bien dit, selon le président de la fraction ADR, Fred Keup. Il qualifie l’ensemble de “paroles, paroles”. Pour lui, ce qui compte, ce sont les actes. Il semble que le nouveau gouvernement ne se croie pas encore capable de beaucoup d’autonomie. “Dans de nombreux domaines, une politique du gouvernement ‘Gambia’ (DP-LSAP-Gréng) est poursuivie”, déplore-t-il. En matière de climat, à son avis, c’est la politique des Verts qui est encore menée, alors que ceux-ci ont été sanctionnés par les électeurs.
“Je trouve extrêmement dommage que le récit où l’on se sert de la protection de la nature contre le logement, soit poursuivi”, a souligné Sam Tanson sur ce point. On ne pourra pas convertir les citoyens à la protection de la nature, en disant que la protection de la nature agace. Marc Baum a également trouvé qu’en matière de protection du climat, une politique rétrograde sera menée. On ne peut pas miser uniquement sur le marché privé pour agir contre le changement climatique.
Sven Clement s’est réjoui qu’il ait été autant question de numérisation et de simplification des procédures dans tous les domaines. Il s’interroge toutefois sur la nomination de de Stéphanie Obertin à ce ministère alors qu’elle n’a pas encore dit un mot sur la numérisation.